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  • Remontres du vers et de la prose: conscience poétique et mise en texte ed. by Catherine Croizy-Naquet et Michelle Szkilnik
  • Anne Paupert
Rencontres du vers et de la prose: conscience poétique et mise en texte. Sous la direction de Catherine Croizy-Naquet et Michelle Szkilnik. Paris: Presses Sorbonne Nouvelle, 2017. 384 pp.

Cet ouvrage, qui fait suite à un colloque organisé en mars 2015, s'inscrit dans le prolongement d'un premier volume intitulé Rencontres du vers et de la prose: conscience théorique et mise en page, dir. Catherine Croizy-Naquet et Michelle Szkilnik (Turnhout: Brepols, 2016). Si la [End Page 281] prose apparaît au treizième siècle dans la littérature en langue vernaculaire dans le roman et les récits historiques, liée par leurs auteurs à une exigence de vérité, elle ne supplante pas pour autant le vers. Et dans d'autres formes littéraires et d'autres langues européennes, la répartition entre vers et prose s'opère selon des modalités très différentes, comme le montrent les dix-neuf études rassemblées ici. La grande diversité des perspectives adoptées entraîne pour le lecteur une certaine impression d'hétérogénéité, malgré les regroupements opérés par les éditrices: 'la traduction à l'épreuve du vers et de la prose', les œuvres qui mêlent ou juxtaposent prose et formes versifiées, en langue d'oil et d'oc puis dans les langues voisines, ce qui inclut le suédois, le castillan du Conde Lucanor de Dom Juan Manuel, l'irlandais médiéval, mais également le latin (d'un poème polémique de saint Augustin aux poèmes de Théodulf d'Orléans et au De mulieribus claris de Boccace). Mais des lignes de force se dégagent, et les rapprochements sont intéressants. Les choix stylistiques et formels opérés par les traducteurs se font en fonction des codes littéraires de la langue d'accueil (pour des traductions islandaises en vers ou en prose) ou selon des critères génériques (de l'épique au romanesque, pour l'Orlando furioso). Parfois les vers succèdent à la prose (développement d'une poésie didactique au quatorzième siècle qui ouvre la voie à la poésie scientifique), ou alternent dans l'œuvre d'un même auteur (Philippe de Novare). Le cas du théâtre est abordé dans deux articles, qui remettent en cause les idées reçues sur la chronologie (existence de formes de prose théâtrale dès le treizième siècle) ou parfois même les catégories (Aucassin et Nicolette, ou des passages de jeux français et allemands 'aux confins du vers et de la prose'). Plusieurs articles s'interrogent sur les raisons qui peuvent pousser à choisir le vers plutôt que la prose, et elles varient selon les contextes, notamment en ce qui concerne les conditions de la réception (davantage liée à l'oralité pour le vers) et le public visé: tantôt une élite, nobiliaire ou savante, comme pour la poésie bardique irlandaise, El Conde Lucanor, les poèmes de Théodulf, tantôt un plus large public, comme pour le psaume antidonatiste d'Augustin. Deux chroniques suédoises du quinzième siècle rapportent la même histoire en vers ou en prose, mais avec des fonctions et des publics différents. La notion de vérité, tradition-nellement attachée à la prose comme on l'a rappelé, peut être dans d'autres cas associée au vers. Belle idée, enfin, d'avoir achevé ce parcours par une ouverture inattendue et la réflexion de deux grands poètes contemporains sur leur propre pratique de l'écriture poétique qui échappe à la délimitation des catégories du vers et de la prose, le poème étant pour Jean-Michel Maulpoix 'un texte qui a des bords' (p. 315), belle image qu'il explore à partir des Fenêtres de Baudelaire; tandis que James Sacré évoque son travail d'écriture comme 'un chemin possible' à travers 'une sorte...

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Additional Information

ISSN
1468-2931
Print ISSN
0016-1128
Pages
pp. 281-282
Launched on MUSE
2019-05-17
Open Access
No
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