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Reviewed by:
  • Les négociants de La Rochelle au XVIIIe siècle by Brice Martinetti
  • Silvia Marzagalli
Brice Martinetti Les négociants de La Rochelle au xviiie siècle Rennes, Pur, 2013, 447 p. et 48 p. de pl.

Si les trafics de La Rochelle au xviiie siècle sont connus grâce aux recherches de John Clark et Jean-Michel Deveau, et alors que quelques figures marquantes du négoce rochelais ont fait l’objet d’une étude monographique, à l’instar de Louis Benjamin Fleuriau ou de Pierre-Jean Van Hoogwerff, il manquait à ce jour une étude systématique du milieu négociant [End Page 252] rochelais. L’ouvrage de Brice Martinetti comble cette lacune.

Son étude repose sur le dépouillement exhaustif des minutes des 88 notaires de La Rochelle de 1715 à 1815, qui lui a permis de repérer 8 169 actes se rapportant à 738 négociants actifs avant 1792, nommément identifiés en annexe, et à 147 sociétés. Au passage, on remarque que plus de deux tiers des négociants n’ont pas d’associés. Un large éventail de fonds privés ainsi que les archives de la chambre de commerce viennent apporter des éclairages complémentaires. En revanche, aucun dépôt archivistique extérieur à la ville n’a été mobilisé. L’auteur a souhaité saisir les négociants qui vivent, opèrent et laissent des traces à La Rochelle au xviiie siècle, et non leur essaimage extérieur, même si celui-ci apparaît en filigrane.

Classique dans sa facture, son découpage chronologique – l’analyse s’arrête pour l’essentiel en 1792, laissant de côté la période de la Révolution et de l’Empire et ses effets sur le négoce rochelais, que l’auteur juge néanmoins dévastateurs – ainsi que par les thèmes abordés, l’ouvrage de B. Martinetti allie avec aisance une perspective véritablement globale et la reconstitution des parcours individuels et lignagers qui donnent de la chair aux données statistiques. Issu d’une thèse de doctorat, le livre en conserve certains traits, notamment lorsqu’il explique longuement les pistes méthodologiques envisagées et finalement non retenues. L’ouvrage est néanmoins de lecture agréable, agrémenté qui plus est d’une riche iconographie en couleurs, de belles cartes, de tableaux, graphiques et documents annexes. Une relecture supplémentaire aurait permis d’éliminer quelques erreurs («380 millions de sucre terré et 16 millions de sirop», p. 352, pour la production de deux habitations, alors qu’il faut évidemment lire «milliers», les coquilles résiduelles (les «rennes» du commerce négrier, p. 77; le Parfait négociant de Savarit, p. 316) et de choix lexicaux malencontreux («des sociétés de commerce salutaires pour la transmission des savoir-faire», p. 68), qui ne gênent toutefois pas la compréhension.

L’ouvrage est structuré en trois parties de trois chapitres chacune. La première s’attache à définir le négoce rochelais et à en esquisser les principaux traits. L’auteur montre l’hétérogénéité des fortunes, à partir des rôles de capitation, des inventaires après décès et des partages successoraux, puis étudie le renouvellement et l’autoreproduction du milieu, aussi bien à partir de pesées globales qu’en suivant les trajectoires de quelques familles françaises ou étrangères. Sans surprise par rapport à ce qu’on connaît pour d’autres places commerçantes, l’autoreproduction et l’endogamie sont fortes: deux tiers des négociants épousent la fille d’un négociant, et 60 % des 359 négociants dont on connaît la profession du père sont fils de négociants.

Quelques profils sont plus atypiques, telle la «Veuve Charly» qui reste à la tête de la firme de son défunt époux pendant plus de trente ans. Les pages consacrées aux épouses permettent de mieux saisir leurs capacités de gestion, y compris comptable, lorsque leurs époux établissent une procuration à la veille d’un départ. On retrouve les femmes en tant qu’associées dans 10 % des sociétés...

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Additional Information

ISSN
1953-8146
Print ISSN
0395-2649
Pages
pp. 252-255
Launched on MUSE
2015-11-14
Open Access
No
Archive Status
Archived
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