Abstract

Les 36 photographies prises par le délégué Maurice Rossel lors de sa visite au ghetto de Theresienstadt le 23 juin 1944 offrent un témoignage précieux pour appréhender l’attitude du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) à l’égard du génocide des populations juives européennes durant la Seconde Guerre mondiale. Emblématiques de l’échec du CICR, ces documents interrogent sur les enjeux et problèmes posés par les visites de ghettos et de camps de concentration par les délégués de cette institution. Loin des images iconiques des photographies de la libération des camps, elles mettent en lumière la volonté des services SS de manipuler les informations diffusées par le CICR concernant l’internement. Intermédiaire entre les institutions caritatives juives, les gouvernements alliés et les autorités allemandes, l’action du CICR se limite à une politique extrêmement prudente centrée sur des avancées progressives et réduites sur le terrain. La visite du Dr Rossel constitue alors un laboratoire pour comprendre la politique du Comité sur la « question juive ». Elle est en outre représentative du travail du délégué, acteur humanitaire, dont l’étude des pratiques est essentielle pour comprendre l’utilisation et la fonction de la photographie par le CICR durant ce conflit.

Abstract

The 36 photographs taken by International Committee of the Red Cross (ICRC) delegate Maurice Rossel during his visit to the Theresienstadt ghetto, 23 June 1944, offer a valuable testimony for understanding the attitude of the ICRC in relation to the genocide of the Jewish European population during the Second World War. These iconographic documents are emblematic of the failure of the ICRC and raise issues and questions concerning the delegates’ visits to the ghettos and concentration camps. In contrast to the iconic photographs of the liberation of the camps, these images reveal the determination of the SS services to manipulate information diffused by the ICRC concerning internment in the concentration camps. As an intermediary between the Jewish charities, the Allied governments and the German authorities, the ICRC was restricted in its action to an extremely circumspect policy focused on gradual, slow progress. In this context, the visit of Dr Rossel constitutes a window on the policy of the ICRC concerning the “Jewish question”. In addition, the visit is representative of the work of the delegate as an humanitarian actor. The study of his methods is essential for understanding the use and function of photography by the ICRC during the Second World War.

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Additional Information

ISSN
1961-8646
Print ISSN
0027-2671
Pages
pp. 65-83
Launched on MUSE
2009-05-29
Open Access
No
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