Brève histoire de la nouvelle (short story) aux États-Unis by Renald Bérubé (review)
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Renald Bérubé, Brève histoire de la nouvelle (short story) aux États-Unis, Montréal, Lévesque éditeur, coll. Réflexions, 2015, 231 p., 27$

Dans son Avant-propos, Renald Bérubé explique que son livre est la version revue et augmentée d'une série de trois articles publiés dans XYZ. La revue de la nouvelle (nos 115, 118 et 121) à la demande de son éditeur, Gaëtan Lévesque. Pour atteindre son public (étudiants cégepiens et universitaires), l'auteur a écrit un texte lisible et accessible (pas de [End Page 419] jargon, ni de théorie) qui met l'écriture nouvellistique dans le contexte social et historique des États-Unis. Pour son jeune public francophone, il choisit de citer les traductions françaises plutôt que les textes en langue originale, et il renvoie le lecteur à des liens Internet (même à Wikipédia). Et il ne cache pas le fait que le choix des œuvres analysées témoigne des goûts (et des écrits antérieurs) de l'auteur. Il est important d'insister sur ses objectifs pour juger ce livre selon ses propres critères : il ne vise pas le public anglophone, ni les spécialistes de la littérature états-unienne.

Dans son « Introduction, » Bérubé parle de la difficulté de définir le genre short story : il s'agit d'une narration, d'un récit, d'une histoire fictive dont la longueur est courte par opposition au roman. Sauf que, nous ditil, aux États-Unis on ne fait pas de distinction entre différentes formes de fiction courte (nouvelle, conte, légende, récit) et souvent un auteur publie un roman qui est, en fait, un cycle de nouvelles où figurent les mêmes personnages, situations et lieux. Si Bérubé avait consulté l'excellente « Introduction » dans The Oxford Book of American Short Stories (1992) éditée par Joyce Carol Oates, il aurait pu préciser quelques caractéristiques du genre : la short story (états-unienne) est un texte de moins de 10 000 mots, avec un petit nombre de personnages, dont l'action se passe pendant une courte durée de temps et dans un décor restreint, et dont un conflit focalisateur ou une quête d'identité culturelle et spirituelle mène à une scène dramatique, une révélation ou un changement de conscience.

Le premier chapitre trace brièvement l'histoire de l'imprimerie dans les colonies anglaises d'Amérique qui deviendront les États-Unis. Pour son public québécois, il parle de Jamestown (fondé en 1607), des Pères Pèlerins (Plymouth, 1620), des récits de fondation, des sermons, des pamphlets révolutionnaires et ensuite Bérubé se permet une digression sur l'emploi du mot American, auquel il préfère le terme « états-unien ». Après avoir mentionné les histoires fantastiques de Washington Irving (considéré comme le premier nouvelliste américain), il parle des nouvelles de Nathaniel Hawthorne et de Herman Melville, tous les deux mieux connus comme romanciers. Le chapitre se clôt avec une discussion sur Edgar Allan Poe et la variété de son écriture : contes policiers, fantastiques, grotesques et de science-fiction. Parlant du développement d'une littérature nationale, Bérubé fait des commentaires sur les différences entre le Nord et le Sud, différences qui mèneront à la guerre civile ou Guerre de Sécession (1861–1865).

Le deuxième chapitre tente de décrire le développement de la short story pendant la période après la Guerre de Sécession jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, insistant sur le rôle important joué par les magazines et les journaux dans le succès du genre et sur les différences régionales, sociales, raciales et sexuelles représentées. La Frontière, le Sud, l'Ouest, et le Far-Ouest trouvent leur place dans la fiction courte et les femmes, les Noirs, les Créoles et les Cajuns écrivent autant que les Yankees du [End Page 420] Nord-est. Bérubé présente plusieurs genres : nouvelles western et de sports (baseball et...


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