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Introduction Dans les années 80, en Bolivie ainsi que dans de nombreux pays latino-américains, il a été mis en place un modèle éco­ nomique néolibéral, sous la forme d’un programme d’ajustement structurel, sous la direction de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international; programme qui a signifié, entre autres, la privatisation des entreprises publiques. De plus, en plein cœur des privatisations, le gouvernement bolivien s’est engagé dans un pro­ cessus de décentralisation dont certains traits diffèrent de ceux de processus semblables engagés dans d’autres pays d’Amérique latine. Ce texte examine ces différences, particulièrement les méca­ nismes participatifs qui accompagnent le processus de décentralisa­ tion permettant, sous certaines conditions, un accès plus important aux services publics de base, notamment pour les populations rurales, paysannes et indigènes. Quelles sont les conditions qui per­ mettent aux populations marginalisées et exclues depuis longtemps d’obtenir un meilleur accès aux services publics ? Nous essayons de répondre à cette question dans les pages qui suivent. Afin d’illustrer nos arguments, nous présenterons les prin­ cipaux résultats d’un travail de recherche2 réalisé avec Graciela Vázquez à la demande de l’International Council on Human Chapitre vi La décentralisation, les services publics et la mobilisation populaire en Bolivie Manuel de la Fuente1 160 Gouvernance et appropriation locale du développement Rights Policy qui essayait d’évaluer l’impact de la décentralisation sur les droits à la santé et à l’éducation dans deux municipalités rurales de Bolivie : Mizque et Tiquipaya. De plus, cet article s’efforce d’analyser les raisons qui ont permis aux lois de décentralisation de favoriser le renforcement des organisations populaires. Autrement dit, nous essayons de comprendre pourquoi une politique de décentralisation, conçue par le gouvernement et des organismes internationaux, provoque ce type de conséquences qui, bien évidemment, n’étaient pas dési­ rées par eux. Antécédents En 1993, bien que fragilisé par huit années de néolibéralisme,3 l’État était encore puissant; il était propriétaire, entre autres, de mines, d’industries, du pétrole, des chemins de fer, de l’électricité et des communications. Il était l’investisseur principal des « pôles de développement » qu’il définissait. Les régions et groupes sociaux ainsi favorisés connaissaient une certaine croissance économique. À l’inverse, les zones rurales, les peuples indigènes et les commu­ nautés paysannes restaient toujours abandonnés. De plus, à cette époque, la Bolivie, comme la plupart des pays d’Amérique latine, était un pays extrêmement centralisé4. Les préfectures et les municipalités n’étaient rien de moins que des appendices du Gouvernement central5. Les zones rurales n’étaient pas regroupées au sein d’une municipalité; le champ d’action des mairies se limitait aux zones urbaines. Les campagnes étaient des no man’s land, sans aucun pouvoir local. Certaines petites villes n’avaient pas non plus de mairies et, plus grave encore, la plupart des municipalités de provinces ne disposaient que de maigres res­ sources économiques, et n’avaient donc aucune capacité d’action. Pour faire face à la forte centralisation, des mouvements régionaux dirigés par les élites locales sont apparus. Ils ont essayé d’éliminer les obstacles du centralisme et d’obtenir un contrôle plus important sur les orientations du développement régional (Romero, 1983). Pour arriver à décentraliser, les mouvements régionaux, organisés en Comités civiques6, ont organisé une série La décentralisation, les services publics et la mobilisation populaire en Bolivie 161 de manifestations et de grèves. Ils ont également proposé des modifications aux lois du pays et ont fait du lobbying auprès des législateurs. L’impact des comités civiques est indéniable, parti­ culièrement celui de Santa Cruz, et l’idée de la décentralisation a fait son chemin. Par ailleurs, les mouvements paysans et indigènes regroupés au sein d’organisations comme la Confédération syndicale unique des travailleurs paysans de Bolivie, la Confédération indigène de la partie orientale de Bolivie, différentes ONG et des partis poli­ tiques liés à ces mouvements ont également proposé de modifier la situation très défavorable aux habitants de la région rurale. Ces propositions, comme le signale justement Urioste (2001...

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Additional Information

ISBN
9782760319035
Related ISBN
9782760307100
MARC Record
OCLC
793084044
Pages
240
Launched on MUSE
2012-01-01
Language
French
Open Access
No
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