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Résumé Le NEPAD est un cadre stratégique de développement pour le continent africain. Cet article s’attache à examiner la pertinence du diagnostic comme des politiques préconisées. Les critiques concernent le contenu économique du document. Elles portent sur le fait (1) que la question du financement des investis­ sements est traitée de manière assez maladroite alors que les choix en matière d’investissement sont insuffisamment hiérarchisés, (2) que les politiques de lutte contre la pauvreté sont abordées avec grande « timidité » (3) et que le projet relève d’une approche trop minimaliste du rôle des États en Afrique. Introduction Le NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de­ l’Afrique) est un programme de développement sur l’initiative de cinq chefs d’État africains (Afrique du Sud, Algérie, Égypte, Nigeria, Sénégal), présenté au sommet du groupe des huit (G8) de Gênes, en juillet 2001. Il résulte de la fusion de deux ­ initiatives antérieures : le Programme de renaissance de l’Afrique pour le millénaire (Millenium Partnership for the African Recovery Chapitre iii Le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). Trois éléments de critique Sandrine Mesplé-Somps 88 Gouvernance et appropriation locale du développement Programme) du président sud africain Thabo M’Beki et le plan Oméga du président sénégalais Aboulaye Wade. Il s’agit, à la fois de la volonté « des Africains de s’extirper eux-mêmes, ainsi que leur continent, du malaise du sous-développement et de l’exclusion d’une planète en cours de mondialisation » et d’« un appel pour une nouvelle relation de partenariat entre l’Afrique et la communauté internationale » (document NEPAD, 2001). Le document est un cadre stratégique de développement pour le continent africain. Il comprend trois composantes : a) les conditions préalables indispensables au développement (paix, gou­ vernance politique, droit de l’homme; gouvernance économique, coopération et intégration régionale); b) les secteurs prioritaires (infrastructures, nouvelles technologies de l’information, santé, éducation, agriculture, accès aux marchés); c) la mobilisation des ressources (épargne, flux de capitaux), et définit un programme d’action sur ces bases. L’approche adoptée, notamment par la deuxième composante du document, est une approche sectorielle des politiques de développement, et rappelle étrangement les plans de développement des années précédant les programmes d’ajuste­ ment structurel. Cependant, les première et troisième composantes du document s’inscrivent dans le consensus de Washington. Elles reprennent un grand nombre des principes émis par les politiques libérales et mettent en avant, comme principe de base du déve­ loppement du continent africain, la « bonne gouvernance » et la régulation de l’économie de marché par l’intermédiaire d’institu­ tions efficaces. De même, le document prend acte des Objectifs du millénaire pour le développement et s’engage à y parvenir1. De plus, il semble appliquer le principe, cher aux Institutions de Bretton Woods, d’appropriation des politiques et propose de rompre avec la logique des conditionnalités imposées de l’extérieur. Le fait que le document ne heurte pas le courant dominant dans la pensée du développement explique pourquoi le débat sur le contenu écono­ mique et social du document n’a pas eu lieu. Le G8 a répondu à l’initiative à Kananaskis en juin 2002. Il a simplement exprimé un accord sur les principes généraux du plan et s’est engagé à soutenir les pays africains qui entreprendraient les réformes inscrites dans le plan qui méritent un soutien international (G8 Africa Action Le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique 89 Plan). La plupart des bailleurs de fonds ont exprimé un soutien de principe2. Du point de vue politique, l’initiative peut paraître ambiguë à plus d’un égard. C’est une initiative encore très peu partagée par nombre de gouvernements ou par les Africains eux-mêmes, puisque la plupart des chefs d’État n’ont pas été conviés à son élaboration et que la société civile n’a été informée pratiquement que par voix extérieures. C’est une initiative qui s’adresse principalement à l’extérieur et non pas à la société civile africaine. Cela est en contra­ diction avec la volonté d’appropriation, affichée...

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Additional Information

ISBN
9782760319035
Related ISBN
9782760307100
MARC Record
OCLC
793084044
Pages
240
Launched on MUSE
2012-01-01
Language
French
Open Access
No
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