Abstract

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Dans un contexte épistémologique où, sous la pression de la crise écologique et des avancées des biotechnologies, se développe une reconceptualisation de la nature, de l’homme et de l’homme dans la nature, la question de la différence anthropologique est au cœur de grands débats scientifiques, philosophiques, éthiques et politiques, au sein desquels émergent, avec la critique de l’humanisme anthropocentrique, la délégitimation de la différence entre humains et animaux et le postulat de l’animalité humaine. Cet article propose une lecture croisée de deux auteurs, le philosophe Étienne Bimbenet et l’écrivain Pascal Quignard, qui pensent la différence anthropologique en référence à l’anthropogenèse conçue comme devenir-humain du vivant. Tout en partageant un naturalisme non métaphysique et non biologiste enrichi des contributions des sciences humaines, Quignard et Bimbenet élaborent des perceptions divergentes sur le postulat de l’animalité humaine. Celles-ci s’appuient sur des conceptions du temps différentes : temps orienté du passé animal de l’homme chez Bimbenet; temps in-orienté de l’actualité du Jadis animal de l’homme chez Quignard. La divergence découle aussi des différents points de focalisation choisis : la production de l’humain se déroulant intégralement dans le cadre de la physis animale chez Quignard ; la forme de vie spécifiquement humaine comme produit de l’anthropogenèse chez Bimbenet. Bien que les deux auteurs convergent sur l’idée que l’homme est un vivant exceptionnel et que l’exceptionnalité se manifeste notamment dans l’ultrasocialité, ils divergent sur la valeur politique et morale de celle-ci.

Abstract:

Within an epistemological framework where both the pressure of the ecological crisis and that of the development of biotechnologies determine a reconceptualization of nature, man and man in nature, anthropological difference has become an important issue in the scientific, philosophical, ethical and political debates from which emerge, along with criticism on anthropocentric humanism, the delegitimation of the difference between humans and animals and the assumption of human animality. This paper proposes a cross-reading between two authors, the philosopher Étienne Bimbenet and the writer Pascal Quignard, who have thought out the anthropological difference in connection with anthropogenesis understood as the becoming-human of the living. Sharing a non-metaphysical and non-biologistic naturalism enhanced by the contributions of human sciences, Quignard and Bimbenet have built divergent perceptions of the assumption of human animality. These perceptions are based on different conceptions of time: the linear time of human animal past in Bimbenet; the non-linear time of human currentness of the Jadis animal . The divergence is also related to different focal points: the production of the human within the unique background of animal physis in Quignard; the specifically human way of life as a product of anthropogenesis in Bimbenet. Although both authors agree on the idea of humans as exceptional living beings and that this exceptionalism is revealed as oversociality, they do not agree on its political and moral value.

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Additional Information

ISSN
1534-1836
Print ISSN
0098-9355
Pages
pp. 423-435
Launched on MUSE
2020-06-05
Open Access
No
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