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Reviewed by:
  • Arno Bertina ed. by d’Aurélie Adler
  • Marinella Termite
Arno Bertina. Sous la direction d’Aurélie Adler. (Écrivains francophones d’aujourd’hui, 5.) Paris: Classiques Garnier, 2018. 315 pp.

Les textes rassemblés dans ce volume proposent un chantier actif des postures dont l’œuvre d’Arno Bertina se charge en se renouvelant sans cesse entre essai et fiction. Une riche bibliographie qui trace l’état des lieux de la critique, un long entretien qui fait entendre la voix de l’auteur sur ses positions esthétiques et sur ses parcours artistiques, ainsi que des inédits de l’écrivain, dialoguent avec les analyses de spécialistes de la littérature française de l’extrême contemporain, de Bruno Blanckeman à Dominique Viart. La variété des sujets de ce collectif se révèle stimulante non seulement pour les différentes approches qui permettent de saisir la spécificité d’une écriture traversée par une pulsion critique capable de la retravailler de l’intérieur et de la réinventer même par rapport à un modèle de filiation reconnue, mais d’interroger également son rôle dans le débat public et les ressources qu’elle peut exploiter au niveau mimétique pour défendre l’actualité de certaines valeurs sociales. Ces regards croisés enrichis par les pages amicales d’Oliver Rohe, Laird Hunt, Pierre Parlant, Frédéric Lecloux, Olivier Passieux font ressortir les traits d’une écriture en mouvement plutôt que d’une écriture du mouvement puisque le goût pour un présent déstabilisant et inattendu ouvre la voie à une lecture singulière des tendances contemporaines. Comme le reconnaît Aurélie Adler, l’écriture de Bertina côtoie d’autres dispositifs qui interrogent le sujet et ses diffractions au nom de l’art et de l’histoire (même la plus récente, comme dans le cas de l’Afrique). D’où la lecture ‘musicale’ d’Anne Roche qui insiste sur les défis du récit au vraisemblable et à l’attendu à travers les ambivalences caractérisant des personnages marginaux et indécidables, susceptibles de déjouer les attentes du lecteur. De plus, la pression iconique sur le langage témoigne, d’après Fabien Gris, d’un impératif poétique et existentiel qui pousse l’écriture à poursuivre les images sans jamais les atteindre. Par ailleurs, l’exemple d’un ‘essaim d’étourneaux’, analysé en particulier par Estelle Mouton-Rovira (p. 149), révèle les nœuds que la représentation d’une phrase pose et qui concernent de près les effets produits dans le lecteur aux prises avec le mouvement du texte sur la page. En tout cas, c’est la notion de communauté qui se révèle problématique à cause de l’émergence du divers à gérer. Chloé Brendlé l’approfondit, entre figurations et défigurations, avant de condenser ces propos dans une poétique de l’esquive où rien ne s’assimile ni ne se fond mais tout reste en tension. Renaud Pasquier traduit cette hétérogénéité dans ‘l’impur’ à travers une étude où le théâtre s’affirme comme opérateur de matérialité; une démarche théâtralisante s’imposerait chez Bertina pour donner du corps au roman et reconfigurer ce genre déjà souple avec l’énergie d’une tension dynamique, celle où les phrases sont ébranlées par les corps et les corps bouleversés par les phrases. Face à ces questionnements encore ouverts, le volume invite à repenser les atouts d’une œuvre insolite. [End Page 647]

Marinella Termite
Université de Bari
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Additional Information

ISSN
1468-2931
Print ISSN
0016-1128
Pages
p. 647
Launched on MUSE
2020-02-18
Open Access
No
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