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Reviewed by:
  • The ‘Fausts’ of Gérard de Nerval: Intertextuality, Translation, Adaptation by Stephen Butler
  • Michel Brix
The ‘Fausts’ of Gérard de Nerval: Intertextuality, Translation, Adaptation. By Stephen Butler. (European Connections, 40.) Oxford: Peter Lang, 2018. vii + 273 pp.

Si l’on en croit la page liminaire, le présent travail a fait l’objet d’une thèse de doctorat qui avait pour ambition de définir un paradigme faustien propre à Nerval, à travers les quatre éditions de sa traduction du Faust de Goethe et trois œuvres originales (le fragment manuscrit d’un Faust français, les fragments imprimés d’une pièce de théâtre consacrée à l’alchimiste Nicolas Flamel (1831) et le drame L’Imagier de Harlem (1851)). L’entreprise a sans doute débouché sur une thèse honorable, mais fallait-il pour autant en faire un livre? Certes, on admire l’aisance avec laquelle l’auteur se penche sur les littératures allemande, anglaise et française, chacune étudiée dans le texte, mais — sur une matière où il reste, on en est persuadé, beaucoup à dire — l’ouvrage est bavard, répétitif et au final peu convaincant. De surcrôıt, il est parsemé d’affirmations surprenantes et fantaisistes, qui laissent penser que, sur de nombreux points importants, l’information de l’auteur est lacunaire, que celui-ci ‘gauchit’ le sens de certains documents, qu’il surinterprète ces derniers, enfin [End Page 634] qu’il s’est peu relu (plus d’une citation est entachée par des erreurs de transcription). On s’étonne de lire (p. 8) que la mère de l’écrivain est morte à Glogau ‘on the Rhine’ (Glogau est situé en Pologne) et ‘probably from influenza’ (d’où vient ce renseignement?). Léo Burckart n’est pas exactement ‘a fairly accurate and realistic depiction’ du meurtre d’August von Kotzebue (p. 13), mais s’inspire du meurtre du président Carl von Ibell. L’auteur force les textes (p. 15) en affirmant que le grand-oncle Boucher possédait, à Mortefontaine, une bibliothèque de livres ésotériques et que le paganisme de Nerval vient donc du côté maternel, tandis que les éléments chrétiens qui apparaissent dans son œuvre ressortiraient plutôt du côté du père (c’est oublier un peu vite que celui-ci était francmaçon!). La thèse de Nerval adorateur de Jenny Colon est dépassée (p. 64). Autres affirmations discutables: Sainte-Aulaire et Nerval n’auraient pas traduit un ‘au revoir’ de Méphisto à Faust, parce que cela aurait suggéré que l’action de la pièce allemande s’étalait sur plus de vingt-quatre heures (p. 93); sous la Monarchie de Juillet, les écrivains risquaient la prison si leurs ouvrages déplaisaient aux censeurs (p. 155). Pétrus Borel est omis dans l’énumération des membres du Petit Cénacle (p. 222). Pourquoi renvoyer les fragments de Nicolas Flamel au genre de mélodrame, et non à celui du ‘théâtre à lire’ (les Scènes historiques)? Pourquoi, dans les confrontations des traductions de Faust, laisser de côté le fameux passage qui sert d’épigraphe à Pandora, et pourquoi aussi avoir laissé de côté la version française fournie en 1840 par Blaze de Bury — lui-même trop brièvement évoqué? Il est regrettable enfin que — s’agissant du ‘Fragment’ manuscrit d’un Faust français — Stephen Butler se soit contenté des transcriptions existantes. Ce document est de lecture difficile, beaucoup de mots n’ont pu être déchiffrés et l’on aurait aimé qu’en sus de son commentaire, l’auteur proposât de nouvelles hypothèses de lecture.

Michel Brix
Université de Namur
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Additional Information

ISSN
1468-2931
Print ISSN
0016-1128
Pages
pp. 634-635
Launched on MUSE
2020-02-18
Open Access
No
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