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Reviewed by:
  • Genre et signature ed. by Frédéric Regard and Anne Tomiche
  • Patrick Bergeron
Genre et signature. Sous la direction de Frédéric Regard et Anne Tomiche. (Perspectives comparatistes, 67; Genres, sexes, textes, 3.) Paris: Classiques Garnier, 2018. 310 pp., ill.

Cet ouvrage rassemble seize études émanant de travaux organisés à l’université Paris–Sorbonne entre 2014 et 2016. La problématique de l’auctorialité (c’est-à-dire tout ce qui se rapporte au statut ou à la fonction d’auteur) y est approchée sous l’angle de la question du genre, au sens anglais de gender (‘construction sociale et culturelle de la différence sexuelle’, pp. 7–8), afin d’explorer différentes stratégies et techniques d’affirmation, d’effacement, de brouillage, de dédoublement ou de partage de la signature auctoriale. Du pseudonyme et même du prénonyme à l’hétéronyme, au faux nom, au contreseing et à l’anonymat, le domaine d’enquête est très vaste. Une première partie, composée de trois études, établit le cadre conceptuel en s’appuyant sur la pensée de théoriciens tels que Roland Barthes, Hélène Cixous, Jacques Derrida, Michel Foucault et Jean-Luc Nancy. D’inégale valeur, cette section oscille entre clarté et tarabiscotage du propos. De très pertinentes questions y sont soulevées: Comment lire le nom d’un auteur? Par qui ou par quoi une œuvre est-elle signée? Mais certains passages frôlent l’inintelligibilité, notamment celui-ci: ‘la dialectique d’un Teuton gutturo-tétanique se mue en galactique du téton, le signum en sein(g), et tout comme à l’aigle répond l’églantine [ . . .], à tout résidu de savoir correspond un réséda, jaune comme le genêt, apotropaïque’ (pp. 76–77). Une seconde partie, constituée de trois sous-ensembles et réunissant treize études, propose des analyses de cas dans une perspective diachronique et internationale, qui s’étend du dix-septième siècle (avec Madeleine de Scudéry) au vingt-et-unième siècle (avec l’énigmatique signataire TIQQUN). Certaines auteures du corpus sont célèbres (Jane Austen, les sœurs Brontë, Janet Frame, Assia Djebar), mais les deux George (George Sand et George Eliot) ne sont que mentionnées alors que Rachilde et Colette n’apparaissent même pas dans l’index nominum. Les contributeurs et contributrices leur ont préféré des figures moins emblématiques telles que Harriet Taylor (l’amie puis la seconde épouse du philosophe John Stuart Mill), Marie Corelli (la ‘reine du best-seller victorien’), Claude Cahun (écrivaine et photographe surréaliste qui fait l’objet de non pas une, mais deux études — celle d’Alexandra Bourse et celle d’Alexandra Arvisais et Andrea Oberhuber, qui sont probablement les meilleures de tout l’ouvrage) et Maria-Mercè Marçal (poète catalane décédée en 1998). Cette diversification du corpus permet de retracer de manière très instructive les infléchissements de l’identification genrée et les vicissitudes de l’auctorialité féminine au fil du temps, au sein d’une littérature et d’une institution littéraire qui se pensent au masculin. Par conséquent, dans le prolongement des travaux menés par Béatrice Didier, Christine Planté et Martine Reid (la contribution scientifique de cette dernière étant d’ailleurs [End Page 661] signalée en préface), cet ouvrage représente un apport significatif à l’histoire de la place des femmes en littérature.

Patrick Bergeron
University of New Brunswick
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Additional Information

ISSN
1468-2931
Print ISSN
0016-1128
Pages
pp. 661-662
Launched on MUSE
2020-02-18
Open Access
No
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