Abstract

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Cet article traite de la politisation par les pratiques économiques développées au sein de la coopérative socialiste de consommation « l’Union de Lille » au tournant des XIXe et XXe siècles. Audelà de l’amélioration des conditions de vie des classes populaires lilloises, ses dirigeants inscrivent explicitement les pratiques de consommation et l’organisation démocratique de la coopérative dans la perspective d’un projet politique socialiste, et plus particulièrement dans le guesdisme alors très influent dans le socialisme du nord de la France. Les pratiques et règles apparaissent comme un moyen de former des « consommateurs socialistes » et de fédérer la classe ouvrière, tout en finançant les activités du parti socialiste. Cependant, cette traduction politisée du projet coopératif n’est pas sans ambivalences, en ce qu’elle amène les coopérateurs à apprendre l’épargne et la prévoyance, le vote et la délégation. L’étude de coopératives socialistes permet ainsi d’éclairer les logiques complexes d’acculturation des classes populaires, à travers l’économie, aux formes dominantes de la politique sous la Troisième République.

Abstract:

This article deals with politicisation through economic practices within the socialist consumer cooperative L’Union de Lille, at the turn of the 20th century. In addition to improving the way of living of Lille’s working class, the cooperative’s managers explicitly viewed consumption practices and democratic organisation within the cooperative as a way of strengthening a socialist project, and more specifically, strengthening Guesdism, then a very influential socialist current in Northern France. The practices and rules of the cooperative appeared to be an ideal way of teaching and shaping “socialist consumers”, to unite the working class, as well as to finance the socialist party’s activities. However, this politicised translation of the cooperative project was ambiguous, as it led the co-operators to take on practices and attitudes such as savings, planning for the future, voting and delegation. The study of socialist cooperatives such as “l’Union de Lille” highlights the complex rationales of acculturation of the working class to the dominant forms of doing politics during the Third Republic.

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ISSN
1961-8646
Print ISSN
0027-2671
Pages
pp. 29-48
Launched on MUSE
2019-07-20
Open Access
No
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