Abstract

Résumé:

En 1945, l'armée franÇaise qui participe à l'invasion de l'Allemagne au sein de la coalition occidentale présente le visage d'une armée coloniale et impériale. En effet, la moitié de ses effectifs est composée de soldats colonisés provenant principalement d'Algérie, Tunisie et du Maroc, mais aussi des colonies frangaises d'Afrique subsaharienne. Après l'occupation de la Rhénanie dans les années 1920, par plusieurs milliers de sujets coloniaux, et qui avait provoqué le scandale de la « honte noire », c'est la seconde fois au XXe siécle que l'armée française utilise des soldats colonisés pour occuper des civils allemands. Les relations intimes, consenties ou non, entre colonisés et femmes occupées, sont alors, a nouveau, au centre de toutes les attentions.

Croisant les apports des travaux récents sur les sexualités et les relations de genre en guerre, et, d'autre part dans celle des recherches sur les masculinités en situation coloniale, cet article analyse la manière dont l'institution militaire envisage les relations entre soldats colonisés conquérants et des Allemandes vaincues. Il a pour ambition de montrer comment un État colonial en guerre, et plus précisément en sortie de guerre, contrôle la sexualité des Européennes comme celle des colonisés. Il s'agit de comprendre comment la hiérarchie militaire gère de telles relations à un moment d'affaiblissement de la puissance coloniale mais aussi de réaffirmation d'une virilité conquérante des hommes métropolitains après l'humiliation de 1940.

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Additional Information

ISSN
1918-6649
Print ISSN
0730-479X
Pages
pp. 59-79
Launched on MUSE
2019-06-27
Open Access
No
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