Abstract

Résumé:

Dés le quinziéme siécle, et le Malleus maleficarum (1482), c'est le caractére fondamentalement féminin de la sorcellerie qui est pointé par l'Inquisition. La messe est donc dite: les femmes apparaissent prédisposées aux pouvoirs occultes. Mauvaises par essence pourrait-on dire, il convient ainsi de les domestiquer, de les civiliser, bref de les contrôler pour qu'elles soient á même de s'intégrer aux normes sociales. À cet égard, les figures de la sorciére apparaissent éminemment symboliques: contre culture, car elles s'inscrivent en faux par rapport aux régles, et contre nature, car elles contreviennent á l'ordre naturel du monde, les sorciéres se placent en marge de la pensée duelle, créant ainsi une voie/voix d'émancipation. Pour cette contribution, nous nous attacherons á des sorciéres contemporaines mises en scéne par des auteures de langue française engagées dans la réflexion sur les différences entre femmes et hommes. Que ce soit Nancy Huston, Maryse Condé, Anne Hébert ou encore S. Corinna Bille, ces écrivaines viennent bousculer l'imaginaire lié aux sorciéres, refusant une pensée dualiste et autotélique. Lorsque des auteures du vingtiéme siécle, engagées dans la cause des femmes, s'emparent des sorciéres, ce sont les frontiéres genrées qui tremblent.

Abstract:

As early as the fifteenth century, and since the publication of the Malleus maleficarum, in 1482, the fundamentally feminine character of witchcraft was emphasized by the Inquisition. No further argument was tolerated: women are predisposed to occult powers, and, being essentially evil, they have to be domesticated, civilized, and controlled if they are to conform to social norms. In this respect, the figure of the witch is eminently symbolic: witches are countercultural because they reject the rules, and they are against nature because they contravene the natural order of the world; thus, they are at the margins of dualistic thought, and create a path and a voice of emancipation. This article focuses on figures of contemporary witches in works by French-speaking authors who reflect on the differences between women and men; writers such as Nancy Huston, Maryse Condé, Anne Hébert, and S. Corinna Bille, who refuse a dualistic and autotelic approach, and force us to rethink the way we see witches. When contemporary feminist writers turn their attention to witches, they succeed in blurring gender boundaries.

pdf

Additional Information

ISSN
1468-2931
Print ISSN
0016-1128
Pages
pp. 234-252
Launched on MUSE
2019-05-17
Open Access
No
Back To Top

This website uses cookies to ensure you get the best experience on our website. Without cookies your experience may not be seamless.