Abstract

Abstract:

Cet article montre que l'œuvre romanesque de Leïla Slimani est bien ancrée dans la tradition du roman marocain au féminin, en dépit de la tendance de l'auteure à désavouer cette filiation, voire à mettre en avant l'universalisme de ses romans. Grâce à une lecture attentive des romans Dans le jardin de l'ogre et Chanson douce, de ses autres textes de fiction et de ses travaux documentaires, nous éclaircirons l'influence qu'ont eue sur son œuvre un grand nombre de romancières marocaines qui vont d'Elisa Chimenti à Nedjma, en passant par Fatima Mernissi, Noufissa Sbaï, Sihem Benchekroun et Rajae Benchemisi. Nous soutiendrons, en particulier, qu'au-delà de la réflexion sur la condition féminine, Slimani partage avec ces écrivaines l'insistance sur les couleurs, les goûts et les odeurs de la Méditerranée, aussi bien que plusieurs éléments fantastiques enracinés dans la tradition folklorique marocaine. En outre, en recourant à la théorie psychanalytique de l'incorporation, proposée par Nicolas Abraham et Maria Torok, nous verrons que Slimani puise dans cette tradition selon des stratégies de déguisement et d'appropriation qui signalent une ambivalence profonde vis-à-vis du Maghreb, d'où certaines analogies avec les premiers écrits d'Albert Camus.

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Additional Information

ISSN
2156-9428
Print ISSN
1552-3152
Pages
pp. 147-159
Launched on MUSE
2019-04-05
Open Access
No
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