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Reviewed by:
  • Le Moment Stendhal by Francçois Vanoosthuyse
  • Annika Mörte Alling
Le Moment Stendhal. Par Francçois Vanoosthuyse. (Études romantiques et dixneuviémistes, 57; Stendhal, 7.) Paris: Classiques Garnier, 2017. 464 pp.

Cette étude très riche et intéressante porte sur un moment 'décisif ' de la carrière de Henri Beyle, manifeste dans son œuvre écrite autour de la Restauration: le moment 'de l'invention du nom Stendhal et des premières publications d'importance' (p. 16). Avec élégance et érudition, François Vanoosthuyse souligne le caractère diversifié et contradictoire de Stendhal et les influences nombreuses qui lui viennent de l'extérieur, des textes et des idées du passé aussi bien que de son époque contemporaine. Les questions explorées sont toutes essentielles pour comprendre la complexité du 'moment Stendhal': comment Beyle se construit-il en tant qu'écrivain; comment se classe-t-il dans l'espace social; comment se situe-t-il dans le champ politique? Qu'est-ce qu'écrire sous l'Empire? Comment définir la relation de Beyle à Napoléon? À la guerre et au temps qui vient après Waterloo? À la Révolution? Au Moyen Âge? À l'Italie? Quels sont ses points de vue sur le romantisme, sur le classicisme, sur le monde académique, sur l'état de la culture? Dans chaque [End Page 608] domaine l'ambiguïté de Beyle frappe et on comprend à quel point 'Stendhal' se construit au pluriel: en effet, il faudrait plutôt parler de 'Stendhaux' (p. 259). Éventuellement, le rôle de la politique est un peu trop souligné parfois, ainsi que celui de Napoléon, du moins s'agissant des protagonistes romanesques; en fin de compte, l'amour n'est-ce pas ce qu'il y a de plus important pour eux? On peut s'interroger sur la fascination qu'exercent les idées de Beyle et le contexte où elles se forment, pour les stendhaliens et les beylistes d'un côté et pour les 'nouveaux' lecteurs de l'autre. Vanoosthuyse fait des observations intéressantes sur la première catégorie, les spécialistes. Dans certains cas, une adhésion presque fanatique peut se créer entre eux et la personne de Beyle, non seulement au niveau des idées, mais sur un plan profondément personnel: on devient son ami proche, son compagnon. Il suscite un comportement mimétique 'en particulier (exclusivement?) chez des hommes', à en croire Vanoosthuyse (p. 261). Or, que dire de la fascination qu'éprouvent l'autre catégorie de lecteurs, les non-spécialistes, femmes et hommes, ceux qui ne lisent qu'un ou deux ouvrages de l'auteur, c'est-à-dire, on peut le supposer, la plupart? En effet, cette étude nous inspire à nous interroger sur le 'moment Stendhal' du côté des lecteurs d'aujourd'hui, question d'autant plus intéressante que Stendhal, comme on le sait, a souligné l'importance de ses lecteurs futurs. Pourquoi et comment l'œuvre stendhalienne nous engage-t-elle encore tant et que dire de son actualité aujourd'hui? Pour trouver des réponses à ces questions, il faudrait faire des études auprès de lecteurs réels (dans des groupes d'étudiants, par exemple) et c'est là un autre type d'étude, bien sûr. Pour ceux qui s'intéressent surtout aux pensées de Beyle dans son propre contexte (social, politique et historique), le livre de Vanoosthuyse est une source de savoir indispensable.

Annika Mörte Alling
Université de Lund
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Additional Information

ISSN
1468-2931
Print ISSN
0016-1128
Pages
pp. 608-609
Launched on MUSE
2018-10-13
Open Access
No
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