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Reviewed by:
  • Les classes sociales en Belgique : deux siècles d'histoire dir. by Guy Vanthemsche
  • Frank Caestecker
Guy VANTHEMSCHE, Les classes sociales en Belgique : deux siècles d'histoire, Bruxelles, CRISP, 2016, 462 p.

Ce livre offre une synthèse des connaissances actuelles sur l'histoire des différents groupes socio-économiques en Belgique durant les XIXe et XXe siècles. Le choix du titre démontre que, dans l'ouvrage, la position économique joue un rôle premier dans la structuration de la société.

La contribution introductive de Guy Vanthemsche porte sur les salariats et les marchés du travail, et montre l'augmentation de la dépendance au salaire en Belgique, depuis le XIXe siècle jusqu'à nos jours, où 85 % des revenus dépendent du salaire. Ce ne sont pas les travailleurs qui occupent la position centrale de l'exposé, mais plutôt les structures qui ont donné forme à ce groupe social. Les caractéristiques modifiées des travailleurs dépendant du salaire (âge, formation, sexe, origine géographique…) ont été listées à travers le temps et comparées à celles des travailleurs indépendants. Les frontières poreuses entre les dépendants du salaire et les indépendants sont indiquées. L'article attache beaucoup d'importance à la façon dont l'offre et la demande du marché du travail se rencontrent, et au rôle de l'État dans ce processus. Il est donné une esquisse historique des différentes manières de licencier un travailleur ou, pour celui-ci, de démissionner, et des processus de création et d'évolution des statuts (ouvrier, employé, chômeur et fonctionnaire) sur le marché du travail. L'article dépeint un très large panorama du fonctionnement du marché du travail en Belgique du XIXe siècle jusqu'au début du XXIe. En cent pages, l'auteur décrit magistralement le marché du travail belge en adoptant un point de vue d'ensemble.

Deux contributions sont consacrées aux ouvriers de l'industrie, à leur pouvoir d'achat et à leurs conditions de travail. Peter Scholliers offre un aperçu, sur le long terme, du pouvoir d'achat instable des dépendants du salaire travaillant dans l'industrie et le bâtiment. Cet article s'inscrit plus fortement dans la littérature internationale et donne une excellente introduction aux concepts utilisés. L'analyse démontre que la Belgique a longtemps été un pays de bas salaires, pour les hommes, mais surtout pour les femmes. Ce n'est que durant les Trente Glorieuses (1945-1975) que, sous la pression d'un mouvement ouvrier fort et à la suite d'une mécanisation plus soutenue, les salaires réels, y compris ceux des femmes, se sont améliorés. Pour évaluer le pouvoir d'achat, P. Scholliers tient compte des cotisations sociales et des impôts. Il conclut que les salaires réels ont augmenté avec un facteur de 11,4 entre 1840 et 2014, mais qu'en raison de la pression fiscale, le pouvoir d'achat n'a été multiplié que par 7,3. Les biens publics créés par la sécurité sociale et les impôts élevés ne sont pas pris en compte lors de l'évaluation de la hausse du pouvoir d'achat des ouvriers de l'industrie. Eric Geerkens décrit les conditions de travail, et en particulier l'influence du travail dans l'industrie sur la santé des ouvriers. Tandis que la durée du travail a diminué au cours du temps, l'engagement du travailleur s'est intensifié, avec [End Page 174] entre autres une généralisation du travail en équipe. Les entreprises aux systèmes continus mettent une pression sur la santé des travailleurs. E. Geerkens aborde ensuite la réglementation, peu généreuse dans la législation belge, des accidents du travail (1903) et des maladies du travail (1927). Les employeurs n'étaient d'aucune manière forcés à maîtriser le danger du travail industriel. D'après E. Geerkens, c'est une conséquence de la spécificité du modèle social belge, par lequel les syndicats et le...

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Additional Information

ISSN
1961-8646
Print ISSN
0027-2671
Pages
pp. 174-176
Launched on MUSE
2018-09-28
Open Access
No
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