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  • Introduction: Decolonizing Labour Law — Contributions to an Emergent Transnational Labour Law/Vers un droit du travail décolonisé — Contributions au droit transnational du travail en émergence
  • Adelle Blackett*

Decolonization is not a metaphor.1 It is rooted in land—in historical and ongoing territorial dispossession—and in the labour of Indigenous, Black, and otherwise racialized, subordinated peoples.2 It calls for slavery and various forms of colonialism—including settler colonialism—to be remembered, acknowledged, resisted. Decolonization is necessarily, and by definition, unsettling.

Il est difficile d’ignorer les perturbations profondes éprouvées par le droit du travail dans ce moment de mécontentement contemporain, un moment qui, selon Judith Butler, se qualifie « d’émancipation de la haine ».3 Ces perturbations évoquent l’urgence du passé, à travers laquelle s’est laborieusement forgé – à la fois en parallèle et en opposition aux mouvements de décolonisation du Sud global – un consensus d’après-guerre dans le Nord global visant la médiation sociale de l’économie. Alors qu’il était largement reconnu que, laissés à eux-mêmes, les marchés soi-disant autorégulateurs engendreraient la destruction plutôt que la construction des sociétés, la commercialisation était encouragée dans les pays du Sud. Selon des juristes tiers-mondistes de renom, tels que Georges Abi-Saab, l’origine de ces perturbations remonte à l’application asymétrique des conventions d’arbitrages théoriquement réciproques en faveur des investisseurs et aux dépens des États du Sud nouvellement décolonisés désirant établir leur droit à la souveraineté permanente sur leurs ressources naturelles.4 Depuis, le pouvoir des investisseurs de faire leurs lois s’est répandu au Nord global. La propagation du pouvoir des [End Page 111] investisseurs a d’ailleurs mené Sven Beckert à conclure – après avoir d’abord mené un historique approfondi de l’esclavage et de l’empire par le biais de l’étude d’une seule denrée : le coton – que les multinationales d’aujourd’hui ont perfectionné leur capacité à utiliser quelques États pour « s’émanciper de leur dépendance antérieure »5 vis-à-vis d’un État quelconque et donc vis-à-vis de tous. Le durcissement normatif et la concentration du pouvoir des intérêts commerciaux mondiaux se consolident politiquement de plus en plus, notamment en raison d’un courant de nativisme au caractère racial et anti-migrant qui contribue à l’érosion des protections sociales que certains États pouvaient autrefois fournir à leurs employés, et ainsi au transfert des risques aux travailleurs.

It is in this unsettled moment that it becomes critical to rethink labour law’s foundational narratives. Despite its philosophical roots and redistributive aims, traditional labour law scholarship has tended to decentre the relationship to land, while taking the territorial division of the Westphalian state as a given.6 This special issue is part of emergent initiatives to refocus, by asking what happens when labour law is forced to see itself in historically rooted, relational, and contextualized terms: for example, through the eyes of a South African domestic worker rendered a migrant on her own land7—because as Tuck and Yang remind us, “[s]ettlers become the law, supplanting Indigenous laws and epistemologies”8—seeking recourse from an “accessible” employment conciliation, mediation, and arbitration service after being fired from her job for being repeatedly late to a settler’s household because she lived with her own young children on precarious land that had a tendency to flood. What happens when her lived reality becomes the subject of our critique of labour law, and our turn to the transnational?9

Les contributeurs à ce numéro spécial se penchent sur les façons dont l’émergent droit transnational du travail (DTT) peut contribuer à la dissociation du droit du travail de sa trame narrative paradigmatique et usuelle, soit une trame atomisée, datant de la révolution industrielle qui prend pour modèle du travailleur l’homme adulte, blanc, unique salarié de sa famille nucléaire, originaire d’un État du Nord global, et qui conséquemment désigne ce travailleur comme l’unique récipiendaire de justice distributive. Bien que le ton de chaque article varie, les contributions se...

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Additional Information

ISSN
1911-0227
Print ISSN
0829-3201
Pages
pp. 111-114
Launched on MUSE
2018-09-15
Open Access
No
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