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  • L'Appel de l'étranger: traduire en langue française en 1886 (Belgique, France, Québec, Suisse) dir. by Sylvie Humbert-Mougin, Lucile Arnoux-Farnoux et Yves Chevrel
  • Alain Pagès
L'Appel de l'étranger: traduire en langue française en 1886 (Belgique, France, Québec, Suisse). Sous la direction de Sylvie Humbert-Mougin, Lucile Arnoux-Farnoux et Yves Chevrel. (Traductions dans l'histoire.) Tours: Presses universitaires FrançoisRabelais, 2015. 336 pp., ill.

L'année 1886, qui a été choisie pour servir de cadre à cette étude synchronique, est marquée par l'adoption de la Convention de Berne pour la protection des œuvres littéraires et artistiques. Le Roman russe d'Eugène-Melchior de Vogüé et la première traduction d'Huckleberry Finn de Mark Twain paraissent en librairie, pendant que le travail de Jules Laforgue sur les poésies de Walt Whitman annonce l'arrivée du vers libre. C'est à partir de ces événements que les éditeurs de cet ouvrage collectif (issu d'un colloque qui s'est dérouléà Tours en 2010) dressent un panorama complet des problèmes posés par la traduction à travers quinze articles qui posent d'abord les données bibliométriques, avant d'étudier dans le détail plusieurs exemples de traductions littéraires, puis de se pencher, dans une troisième partie, sur la situation des sciences humaines. On appréciera la rigueur de cette construction intellectuelle qui, à côté des questions proprement littéraires, souligne l'importance des informations d'ordre statistique (objet de la première partie) et se préoccupe, par exemple, de la réception des travaux étrangers dans la Revue historique ou des traductions de la Bible (dans la dernière section). L'analyse de plusieurs entreprises de traduction se trouve au centre de l'ouvrage. Des figures de traducteurs surgissent: Laforgue qui, pour traduire Whitman, se met à apprendre l'anglais auprès d'une jeune Anglaise dont il tombe bientôt amoureux et qu'il finira par épouser; Vogüé, que ses fonctions de diplomate conduisent àla découverte de la littérature russe, dont il devient un traducteur attentif, avant de proposer la synthèse critique de son Roman russe; ou encore Leconte de Lisle, qui, en dépit d'une connaissance médiocre de la langue grecque, poursuit avec obstination, pour des raisons alimentaires, ses traductions 'archéologiques', hérissées de faux archaïsmes. Dans le domaine de la traduction diverses configurations sont envisagées: la traduction de textes théâtraux, romanesques ou poétiques, la retraduction, la traduction avortée, ou la traduction élaborée dans le cadre d'une littérature de jeunesse attentive non seulement aux contenus, mais aussi aux illustrations (qui se trouvent aspirées par le processus de transformation et d'adaptation). L'ouvrage s'efforce de couvrir la diversité de l'espace francophone: une contribution étudie le rôle que joue la traduction dans le choix fait en faveur du symbolisme par une avant-garde littéraire belge soucieuse de s'éloigner d'un naturalisme trop marqué par l'influence française; un autre article retrace la lutte des Canadiens francophones pour maintenir le bilinguisme au sein d'une fédération politique qui naît dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle et élabore ses premières lois. On notera enfin l'intérêt des deux préfaces successives et de la [End Page 457] postface finale qui encadrent avec fermeté l'ouvrage, soulignent sa cohérence méthodologique et reviennent sur le contenu des différents articles pour mettre en évidence leurs perspectives communes.

Alain Pagès
Université Sorbonne Nouvelle—Paris 3
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Additional Information

ISSN
1468-2931
Print ISSN
0016-1128
Pages
pp. 457-458
Launched on MUSE
2018-08-15
Open Access
No
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