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The Canadian Review of American Studies, Volume IX, Number 2, Fall, 1978 Les bases materielles du discours politique hesRoby. Les Quebecois et Jesinvestissements americains (1918-/929). Les cahiersd'histoire de l'Universite Laval, no. 20. Quebec: ies Pressesde l'Universite Laval, 1976.252 + vii pp. Jose E. Igartua LorsqueI. D. Andrews, en 1854, voulut convaincre les hommes politiques americains d'accepter un projet de reciprocite commerciale avec les provinces britanniques,il se servit de deux arguments contradictoires. Aux sudistes qui craignaientque !'integration economique n'amene !'integration politique et parconsequent ne renforce les positions nordistes au sein de l'Union, il pretenditque !'integration economique rendrait l'annexion politique superflue . Quant aux nordistes, il leur laissa entendre que !'integration economique attireraittot ou tard les provinces britanniques dans l'Union. 1 Cest le premier des arguments d'Andrews qui s'est avere le plus juste. Lespolitiques economiques poursuivies par le Canada depuis le milieu du dix-neuviemesiecle ont eu comme resultat d'assujettir le Canada a!'empire americain.Depuis l'echec de la reciprocite en 1866,les hommes politiques canadiensont vu dans le capital etranger un moyen commode de favoriser la croissance economique sans avoir a recourir a une "rationalisation" des , facteursde production qui aurait pousse une partie de la main d'oeuvre a quitterle pays. Pour eux, la croissance economique consistait d'abord dans la creation d'emplois: il fallait garder la population au pays. Le capital etrangerfournissait de l'emploi; les emplois gardaient les gens au pays, qui payaient des impots et qui votaient aux elections. Sans emplois, pas de ' population;sans population, pas de pays; sans pays, pas d'hommes politiques. \ Les strategies economiques canadiennes ont done obei d'abord a des imperatifs politiques: tels en etaient les raisons, de la Politique Nationale 218 Jose E. Igartua jusqu'aux exemptions d'impots fanciers pratiquees par les municipalites,en passant par les politiques provinciales de gestion des richesses naturelles.Si, acourt terme, les buts politiques des strategies economiques furent atteints les resultats along terme ont ete d'integrer de plus en plus etroitement l; Canada au systeme de production nord-americain et de soumettre les autorites politiques canadiennes asa puissance. Les clameurs des nationalistes canadiens, depuis 1963, de Gordon aWatkins et aGray, n'y ont rien change, meme si leurs travaux ont fait ressortir les contradictions inherentes acette strategie de "developpement". Les gouvernements continuent aprivilegierles politiques a court terme de stimulation de l'emploi, particulierement en periode de recession economique, sans egard aux consequences along terme. Ce n'est pas nouveau. "J'aime mieux," disait Alexandre Taschereau en 1927,"importer des dollars americains qu'exporter des Canadiens aux EtatsUnis !" L'expression resume bien la politique du gouvernement quebecoisen matiere de developpement economique durant les annees vingt. Ce serala politique qui prevaudra durant tout le vingtieme siecle, sauf pour quelques annees de la revolution tranquille, et cela en depit de la definition agriculturiste de la societe canadienne-franc;aise projetee par l'ideologie dominante. C'estle merite du livre d'Yves Roby de faire ressortir les positions economiques des hommes au pouvoir aussi bien que celles du clerge et des groupes nationalistes. Une etude attentive du discours ideologique de la presse liberale, de la presse conservatrice, de la presse clericale et de la presse nationaliste lui a permisde saisir l'influence de la conjoncture economique sur !'evolution de ces ideologies. Choisissant la decennie de l'apres-guerre acause de la rapidite du developpement industriel et des·investissements americains et parce qu' "aucun grand conflit politique ne vient detourner l'attention des Quebecois de ce probleme," !'auteur illustre la diversite des discours ideologiques face ala question economique. Bien sfir, les nationalistes prechent de plus en plusfort pour la colonisation et fulminent contre !'industrialisation et !'urbanisation, facteurs de deperdition nationale et religieuse. Mais l'ideologie nationaliste est loin d'etre dominante: elle n'est pas celle du pouvoir, ou meme celledu peuple, si l'on se fie aux resultats des elections provinciales de 1927qui ant reporte Taschereau au pouvoir avec une confortable majorite malgre les critiques des nationalistes. De fait, selon Roby, si les ideologues nationalistes deviennent de plus en plus virulents apres 1927, c'est qu'ils sentent que leur message n'a...

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Additional Information

ISSN
1710-114X
Print ISSN
0007-7720
Pages
pp. 217-222
Launched on MUSE
2019-01-02
Open Access
No
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