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  • Compressions
  • David Christoffel

Si nous pensons "fragment" nous totalisons du néant.1

On ne sait pas tout ce qui arrive de peur d'anticiper et, pour bien dire, on va prendre un certain rythme dont, faute de temps, on ne dira pourquoi. En pressant un peu, on doit quand même entendre que tout n'est pas fini quand on le dit. Et c'est parce qu'on s'y prend trop jeune que ça n'empêche pas de faire de belles pièces de théâtre.

Surtout, on ne se fera pas meilleur qu'on est. Quitte à procéder à la dépréciation parfaite, à l'examen moral le plus intransigeant et comme il n'est que trop inutilement ennuyeux de perpétuer le spectacle des atrocités d'introspection, on peut toujours endurer que les relations empirent ou, à défaut, que le travail s'en ressent. C'est bien à ces impatiences qu'on n'en finit de s'améliorer.2

Le ton de l'autobiographie ne fait peur à personne d'un peu expérimenté. (Vs. L'inconsistance des contenus existentiels pour preuve d'immaturité.) Si bien que le charme lui-même pouvait opérer et se laisser séduire. On n'a pas peur de chercher à s'empêcher de vieillir. Si bien qu'il y a encore de quoi compresser. Ne serait-ce qu'à dérailler encore un peu ladite épouvantable musique d'accompagnement.

S'épouvanter irait encore si l'émotion réussissait à se combler de ses épanchements.3

Il ne faudrait pas que l'explication prenne trop de place. Il y a beaucoup d'intelligence à ne pas trop le dire. Cela revient à ne pas non plus s'obséder [End Page 109] du dosage. Et comme le bénéfice est encore mieux incertain, ce n'est surtout pas en continuant de démultiplier les commentaires qu'on se fera la lucidité plus heureuse de s'avancer d'autant. Aller risquer de ne plus y retrouver son chant,4 c'est comme découdre avec ses peurs sans garantie.

Toute la littérature doit tenir dans ces jeux d'étau. Du moins à l'échelle d'une typologie passagère (l'un plus bavard que l'autre, alors qu'un silence parfois plus ambitieux que le précédent). Quand il s'agit de remettre chacun des grands romanciers à la mesure de son réglage, puisqu'il est un fait que la stratégie romanesque est toujours plus ou moins une réponse à la question de plus ou moins pénélopiser.5

L'intelligence recroquevillée sur des occasions si comptées, peut faire une petite musique qu'on ne peut juger sans honorer son lot de contentions, avec assez lourde incapacité à baliser sa toute typicité.

D'où le poignant des oppositions entre dramaturge no 1 et exemple no 2 ou l'impossibilité pas formidable de généraliser davantage sur les maniements des prosateurs.

Autant Mozart avec une palette d'hésitations ardemment détaillées, ça se sait l'élégance temporaire et l'à-propos un peu suintant.

Sauf que ça se répète.

Comme il ne faudrait pas trop se répandre, faisons montre d'efforts de concision encore bien grandement capable. Au souci de ne pas prendre trop de place, la preuve d'avoir toujours beaucoup à dire. Quitte à embrasser large au lieu de lui faire des dédales pour pouvoir suivre le dire. C'est que la grande consommation de raccourcis peut encore frémir.

À force de trop-pleins mal contenus et faute de n'avoir pu ramasser tout ce qui a débordé, on traite des problèmes qui ne sont pas tout frais.6

La musique promet de dire de ces essentialités avec mieux-mieux d'intangibilité. Parce qu'elle doit excuser le langage de beaucoup d'imprécisions, liées à ses insistances. Pourtant faut-il un certain élan dans l'indécision pour faire entendre un peu de chant.7 [End Page 110]

"On écrit parce que personne n'écoute."8

Selon qu'on les regarde entre les arts, entre les hommes, entre les époques, les problèmes d'extension peuvent avoir...

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Additional Information

ISSN
1534-1836
Print ISSN
0098-9355
Pages
pp. 109-113
Launched on MUSE
2017-05-24
Open Access
No
Archive Status
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