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Reviewed by:
  • Le Siècle d’Or de l’Espagne. Apogée et déclin, 1492-1598 by Michèle Escamilla
  • Marc Zuili
Michèle Escamilla Le Siècle d’Or de l’Espagne. Apogée et déclin, 1492-1598 Paris, Tallandier, 2015, 848 p.

S’il est une puissance qui, au cours du xvie siècle, n’a cessé de mener guerres et combats dans une grande partie de l’Europe, c’est bien la monarchie hispanique. En effet, l’Espagne – les Espagnes, devrions-nous dire pour plus d’exactitude – a été engagée, depuis le règne des Rois Catholiques jusqu’à celui de Philippe II, dans d’incessantes luttes. Ces dernières eurent lieu sur de multiples fronts, tant en Méditerranée, face aux « Barbaresques » et à l’empire ottoman, qu’en Europe du Nord, dans des actions guerrières menées lors du soulèvement des Pays-Bas ou afin de contrer les princes du Saint-Empire romain germanique qui avaient pris fait et cause pour la Réforme. Ces guerres, financées presque exclusivement par la Castille, sont au cœur de cette magistrale synthèse que propose Michèle Escamilla.

Cette somme érudite n’avait, jusqu’à ce jour, jamais eu d’équivalent, ni en Espagne, ni en France, d’où son caractère innovant. Dès l’introduction, M. Escamilla explique pourquoi la période allant de 1492 à 1598 a été retenue. Elle rappelle que 1492 constitue une date clé dans l’histoire de la naissance de l’Espagne moderne puisqu’elle marque la fin de la Reconquista. Quant à 1598, il s’agit de l’année de la mort de Philippe II, événement qui constitue lui aussi un tournant dans l’histoire du pays car il correspond à la fin de l’époque prestigieuse des règnes des Austrias mayores.

Cette période, qui court depuis les dernières années du xve siècle jusqu’à la fin du siècle suivant, est qualifiée par M. Escamilla de « Siècle d’Or de l’Espagne », car elle couvre plus d’une centaine d’années qui ont vu le pays atteindre son apogée puis connaître l’amorce d’un déclin, lequel allait s’accentuer durant une grande partie du xviie siècle. Dans cette introduction, l’auteure insiste aussi sur le fait que sa recherche a été volontairement orientée vers les relations extérieures de l’Espagne. C’est la raison pour laquelle, si les grands conflits européens auxquels ce pays a été confronté sont abordés avec force détails, le volume ne traite pas des guerres intestines qu’ont connues la Castille et l’Aragon, en particulier les mouvements des Comunidades et des Germanías au début du règne de Charles Quint ou encore le soulèvement des Morisques dans les Alpujarras sous Philippe II.

L’ouvrage, à la suite de ces propos introductifs, se compose de quatre parties qui s’enchaînent selon un plan chronologique tout à fait justifié. En effet, la première est consacrée, comme il se doit, au règne des Rois Catholiques, Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon. Cette période au cours de laquelle ont été jetées les bases de l’Espagne moderne, puisqu’elle voit la mise en place de la plupart des structures économiques, sociales et religieuses du pays, est capitale. Au fil de pages denses, M. Escamilla fait revivre les principaux aspects de la politique extérieure des Rois Catholiques avec sa triple orientation: vers le sud (l’Afrique du Nord), vers l’est (l’Italie) et vers le nord (la Navarre).

Pour ce qui est de la politique africaine, l’auteure fournit d’innombrables données sur la menace ottomane, les rivalités entre Castillans et Portugais, la lutte contre les Turcs et les tentatives de maîtrise du littoral nord-africain qui permirent, vers 1510, un contrôle par les Espagnols d’une grande partie de la côte d’Afrique du Nord. En ce qui concerne la politique italienne, elle rappelle comment la Sardaigne, la Sicile et Naples passèrent sous la férule de la...

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Additional Information

ISSN
1953-8146
Print ISSN
0395-2649
Pages
pp. 203-205
Launched on MUSE
2016-06-10
Open Access
No
Archive Status
Archived
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