Abstract

Fondé sur une recherche dans les archives russes et ukrainiennes, cet article étudie la profession d’avocat en Urss à la fin de la période stalinienne (1945-1953). Les différentes dimensions du métier – trajectoires sociales et pratiques quotidiennes – sont abordées à propos d’une période qui vit le nombre d’affaires traitées par les tribunaux considérablement augmenter et le discours sur la réhabilitation d’une « légalité socialiste » se renforcer. Si leur influence demeura faible et peu fondée sur le maniement du droit, les avocats soviétiques développèrent des compétences économiques et relationnelles leur permettant à la fois de préserver leur autonomie et de participer pleinement aux dynamiques sociales propres à la société soviétique telle qu’elle se dessine au sortir de la guerre. Malgré leur faiblesse et les purges dont ils firent l’objet, les avocats surent aussi s’informer des affaires et certains jouèrent un rôle d’intermédiaire entre l’appareil répressif et les notables soviétiques, notamment en participant au système d’échanges de pots-de-vin et de relations clientélistes. Leur action est exemplaire de la manière dont les Soviétiques se sont accommodés de la dictature stalinienne, en tentant de faire évoluer les règles et de constituer des poches de protection, d’entraide et d’échanges situées au cœur de l’État et du parti.

Abstract

Drawing on research in Russian and Ukrainian archives, this article explores the legal profession in the Stalin-era Ussr , with a focus on the years following the Second World War. During this period, the number of cases dealt with in the courts grew considerably, and calls to rehabilitate “socialist legality” became more pressing. It is against this backdrop that the article details the different professional aspects—social trajectories and daily practices—of the criminal lawyer’s craft. It concludes that while their influence remained relatively weak and was rarely anchored in their legal capabilities, Soviet lawyers did develop economic and networking capacities that enabled them to maintain their autonomy and to fully participate in the dynamics of the Soviet society that emerged in the aftermath of the war. Despite their weak position and the purges they had suffered, lawyers found ways to gain privileged information about ongoing cases and some of them played an intermediary role between the apparatus of repression and Soviet notables—particularly by participating in the system of bribery and clientelism. Their actions exemplified the ways that Soviets maneuvered under Stalinist dictatorship, working to bend and improve the rules while also using mutual assistance and exchange to create safe spaces at the heart of the state and the party.

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Additional Information

ISSN
1953-8146
Print ISSN
0395-2649
Pages
pp. 165-194
Launched on MUSE
2016-06-10
Open Access
No
Archive Status
Archived
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