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Reviewed by:
  • York: The Making of a City, 1068-1350 by Sarah Rees Jones
  • Christopher Fletcher
Sarah Rees Jones York: The Making of a City, 1068-1350 Oxford, Oxford University Press, 2013, 373 p.

Comme la structure physique de la ville d’York elle-même, qui s’est développée au fil des siècles et au gré des impulsions changeantes de chaque période, ce livre est le fruit d’un travail de longue haleine, marqué par les multiples questions qui ont motivé les spécialistes de l’histoire urbaine depuis les années 1980. Le thème d’ensemble est celui de la propriété, saisie comme un phénomène essentiel et changeant pendant la période retenue, entre le xie et le xive siècle. Il passe par une méthodologie qui réunifie avec brio les sources écrites, l’archéologie et un intérêt particulier pour le développement topographique de la ville. La propriété est le point de départ d’une « histoire totale », où les conditions matérielles et l’environnement bâti rencontrent la structure sociale et les relations de pouvoir. Ainsi, si l’on est d’abord tenté de ranger ce livre dans le sillage des travaux du « tournant spatial » des années 1990, son auteure ne se contente pas de la reconstruction des représentations et des réalités spatiales. La propriété nous conduit vers des réalités autant sociales et politiques que matérielles et économiques.

À l’origine, York est une fondation romaine divisée entre une colonia civile au sud-ouest de l’Ouse et une forteresse au nord-est de cette rivière, en amont de sa confluence avec la Fosse. La ville est située au milieu d’un couloir de communication et de terres fertiles, dans une position critique entre la chaîne des Pennines à l’ouest et les collines des Wolds à l’est. C’est sans doute pour cela que l’archevêché y est établi en 735 et que les Vikings y installent le centre de leur pouvoir dans le Nord après la conquête du royaume de Northumbrie en 867. Cette localisation explique également la capacité qu’a plus tard York à dominer la région, ainsi que le rôle déterminant qu’elle joue dans le commerce international de la laine et de l’industrie drapière de la fin du Moyen Âge. En [End Page 1006] 927, la Northumbrie est conquise pour la première fois par un souverain du Sud, Æthelstan, roi de Wessex et de Mercie, et York rejoint le nouveau royaume d’Angleterre. En 965, la Northumbrie est divisée en deux, et l’on parle d’un comté d’York au sud de la Tees. Sous les earls de Northumbrie, notamment Siward (av. 1033-1055), York joue un rôle central, et le comté de « Yorkshire » est évoqué pour la première fois en 1065. Toutefois, pour le moment, les rois d’Angleterre restent loin, et même les archevêques n’y résident pas toujours.

Tout d’abord, Sarah Rees Jones examine en détail la distribution du pouvoir et de la propriété terrienne dans le Nord de l’Angleterre en général et à York en particulier à l’aube de la conquête normande. Dans la ville et ses environs l’archevêque est dominant. L’earl aussi y possède ses propres propriétés, surtout aux approches stratégiques de la ville. Le roi ne semble s’occuper que d’une zone au sud de l’ancienne forteresse romaine, néanmoins essentielle pour la vie économique. Dans le quartier autour de Coney Street (« la rue du roi »), Ousegate et Coppergate (le suffixe « -gate » à York signifie « rue » et non « porte »), le carrefour des routes venant des quatre points cardinaux, le roi est le seigneur principal de la zone commerciale la plus importante de la ville. À la même époque, à l’intérieur de la forteresse dominée par l’archevêque, il reste d’importantes zones vides. Toutefois, ce n’est qu’après la conquête normande que l...

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Additional Information

ISSN
1953-8146
Print ISSN
0395-2649
Pages
pp. 1006-1008
Launched on MUSE
2016-05-05
Open Access
No
Archive Status
Archived
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