Abstract

In 1983, all the representatives of French professional football gave their support to players who were demanding the same tax deductions as artists, claiming that they, too, were performers. An analysis of this tax claim is very instructive for anyone interested in the question of athletes’ status. It highlights the wide range of participants involved in defining the legal framework that organises athletes’ work. Far from involving only sports federations, the question of players’ status involves several government departments, including the Ministries of Youth and Sports, of the Budget, and of Social Affairs. The debate highlights the boundaries between the various professionals of bodily excellence. Whereas stage artists and football players both perform for an audience, the footballers are denied the tax advantages given to artists. This reflects the importance of different perceptive frameworks, notably emphasising the state’s role in creating differences between social groups. The public authorities thus formalise an arbitrary cultural view that selectively values certain forms of culture and certain cultural producers.

Abstract

En 1983, l’ensemble des représentants du football professionnel français soutient les joueurs qui réclament les mêmes abattements fiscaux que les artistes de scène au motif qu’ils sont, comme eux, des professionnels du spectacle. L’étude de cette revendication fiscale s’avère riche d’enseignements pour qui s’intéresse à la question du statut des sportifs. Elle permet de mettre au jour la diversité des acteurs impliqués dans la définition du cadre légal structurant leur travail : loin d’être cantonnée aux seules instances sportives, la question du statut des joueurs engage différents services de l’État, notamment ceux des ministères de la Jeunesse et des Sports, du Budget, et des Affaires sociales. La discussion met en lumière les frontières dressées entre les différents professionnels de l’excellence corporelle. Alors qu’artistes de scène et footballeurs sont des producteurs de spectacle, les seconds se voient refuser la faveur fiscale accordée aux premiers. Cela traduit la prégnance de cadres de perception différenciés et met plus particulièrement en évidence la contribution de l’État à la fabrique des différences entre les groupes sociaux. Les pouvoirs publics entérinent ainsi la force d’un arbitraire culturel qui conduit à valoriser de façon sélective certaines formes culturelles et certains producteurs culturels.

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Additional Information

ISSN
1961-8646
Print ISSN
0027-2671
Pages
pp. 117-131
Launched on MUSE
2016-04-21
Open Access
No
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