In lieu of an abstract, here is a brief excerpt of the content:

Reviewed by:
  • Guerre d’Algérie—Guerre d’indépendance. Regards littéraires croisés
  • Evelyne M. Bornier
Mertz-Baumgartner, Birgit, et Beate Burtscher-Bechter, coords. Guerre d’Algérie—Guerre d’indépendance. Regards littéraires croisés. Würtzburg: Königshausen & Neumann, 2013. isbn 9783826050855. 167p.

Constatant le retour de la guerre d’Algérie dans les textes francophones en ce début de vingt-et-unième siècle, les auteurs de cet ouvrage rassemblent, sous ce thème, sept articles (l’avant-propos nous en annonce huit), examinant, sous des éclairages variés, un aspect différent de cette littérature. Alors qu’en France la publication en 2009 de l’œuvre de Laurent Mauvignier Des Hommes relance le débat sur la place de la littérature dans l’histoire et son écriture, Birgit Mertz-Baumgartner et Beate Burtscher-Bechter font une autre constatation: s’il a été largement abordé par les chercheurs français et algériens, le thème de la guerre d’Algérie dans la littérature francophone n’a quasiment pas été traité par leurs collègues allemands et autrichiens. C’est à cet état de fait que cet ouvrage tente de remédier. Les textes abordés dans ce volume ont été publiés entre 1989 et 2011. Ils examinent la littérature comme lieu privilégié du questionnement du souvenir et de l’entrecroisement des mémoires des deux rives de la Méditerranée.

Le premier volet de cet ouvrage est consacré à l’œuvre de François Bourgeat, Philippe Doumenc et Jacques Syreigeol. Dans ce chapitre, Doris Ruhe explique pourquoi la littérature sur la guerre d’Algérie est un domaine encore peu exploré et souligne l’importance cruciale du vote de l’Assemblée nationale du 10 juin 1999, remplaçant la formule “opérations effectuées en Afrique du Nord” par celle de “guerre d’Algérie.” Ruhe distingue trois types d’auteurs: les auteurs nés dans les années 1930, qui ont vécu la guerre au rang des appelés et dont les récits traitent de leurs années passées en Algérie; les auteurs nés dans les années 1940, qui racontent souvent l’histoire d’un enfant ou adolescent s’exilant à cause de la guerre; et les auteurs nés après les années 1960, qui traitent, non plus du conflit lui-même, mais des traumatismes subis par ses acteurs et dont les effets perdurent. Ruhe explore trois romans traitant de la guerre d’Algérie, dont les auteurs font partie du groupe des “anciens d’Algérie” et montre comment [End Page 230] ils ont, chacun à sa façon, été marqués par le conflit franco-algérien et comment ils l’abordent et en dénoncent les non-dits et les horreurs.

La seconde étude traite des traumatismes de la guerre d’Algérie dans les œuvres du cinéaste Alain Resnais et du romancier Laurent Mauvignier. Un demi-siècle après la fin de cette guerre, ces événements traumatisants sont toujours aussi profondément ancrés dans les mémoires des deux côtés de la Méditerranée. Leur commémoration officielle désormais dans la liste des marqueurs historiques “célébrés” rituellement, plutôt que d’apaiser les consciences, fait non seulement resurgir les fantômes du passé mais provoque aussi un malaise dans les esprits. Toute nouvelle interprétation de cette période trouble de l’Histoire se fera automatiquement avec, comme toile de fond, la lecture officielle de ces événements qui s’est imposée. Cornelia Ruhe souligne la pléthore de films et de romans traitant de la guerre d’Algérie ayant fait leur apparition sur la scène française depuis le milieu des années 2000. Comme elle l’explique: “Il y a [. . .] une interdépendance très nette entre la mémoire officielle d’un pays et sa face cachée qui, fantastique, non codifiée, continue de la hanter” (Ruhe, 50). Elle souligne l’importance cruciale de la représentation de la guerre à travers les m...

pdf

Additional Information

ISSN
2156-9428
Print ISSN
1552-3152
Pages
pp. 230-234
Launched on MUSE
2015-05-20
Open Access
No
Back To Top

This website uses cookies to ensure you get the best experience on our website. Without cookies your experience may not be seamless.