Abstract

Cet article examine la reconfiguration de l’archive coloniale au prisme de la trilogie des Algéries en France (2004–2008) de Leïla Sebbar. Au fil d’une narration autobiographique collective qui s’appuie sur des objets glanés au cours de voyages, des photographies familiales, des correspondances de lecteurs et des archives historiques, Sebbar recrée “[s]es Algéries,” un espace de dialogue où les voix se croisent d’un côté et de l’autre de la Méditerranée pour fusionner dans cette œuvre protéiforme. Projet unificateur par excellence, la trilogie repense l’Algérie—son histoire coloniale et contemporaine, et ses blancs—au jour de la collection hétéroclite que constitue l’iconotexte. Or, si l’inscription d’archives, photographies et autres bibelots de l’époque coloniale au sein du régime discursif autobiographique permet de rompre avec les silences de l’histoire franco-algérienne, cette stratégie scripturale n’en reconduit pas moins l’économie visuelle coloniale. Loin de libérer les Algéries des vestiges du discours orientaliste et autres représentations dominantes faussées, le récit autobiographique chez Sebbar fait écran et reconduit les traces et les voix ainsi archivées dans une ethnographie toujours autre.

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Additional Information

ISSN
2156-9428
Print ISSN
1552-3152
Pages
pp. 106-121
Launched on MUSE
2015-05-20
Open Access
No
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