Abstract

La décennie 1990 en Afrique est marquée par des conflits armés ayant engendré un grand nombre de textes littéraires, et l’on constate que beaucoup d’entre eux ont eu recours à la fiction pour raconter l’expérience de la guerre. Or il est intéressant de noter que plusieurs de ces textes, envahis par une accumulation d’éléments historiques, sociologiques, témoignent d’un entremêlement singulier entre récit fictionnel et discours factuel. Ce dernier est en effet massivement sollicité à travers l’emploi d’une écriture proche du reportage, du document historique ou informatif qui donne au texte une dimension documentaire. Quels sont les traits de cette écriture singulière qui introduit le discours factuel à travers un processus de “factualisation” du récit fictionnel? Comment penser ce procédé qui se distingue d’une fictionnalisation des faits auquel le lecteur de fictions de guerre semble plus accoutumé? Que révèle-t-il sur la mise en récit de l’événement traumatique relevant d’un passé proche? La position “indirecte” de l’écrivain vis-à-vis des faits encourage-t-elle cette stratégie parce qu’elle serait garante d’une écriture moins théâtralisante? L’analyse de trois romans—notamment Allah n’est pas obligé (2000) d’Ahmadou Kourouma et En suivant le sentier sous les palmiers (2009) de Pius Ngandu Nkashama, mais aussi LesDémons crachésde l’autre république (2007) de Serge Armand Zanzala—nous servira à réfléchir sur ces interrogations et à examiner le rapport complexe entre (l’)Histoire et la fiction.

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Additional Information

ISSN
2156-9428
Print ISSN
1552-3152
Pages
pp. 42-59
Launched on MUSE
2015-05-20
Open Access
No
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