Abstract

Le présent article porte sur mon projet de recherche actuel, qui consiste à intervenir culturellement en se fondant sur les arts pour inciter le public à considérer le meurtre d’une conjointe comme un problème politique crucial dans les sociétés occidentales. À partir de cas glanés au fil des ans dans la jurisprudence anglaise et dans les cas récents mis à jour par une nouvelle vague de blogueuses féministes qui sont intarissables dans leur lutte contre la violence, ce projet propose d’intervenir précocement dans l’éducation. À l’aide de modules interactifs d’apprentissage sous forme de représentations théâtrales dans les écoles, les jeunes sont invités à remettre en cause la prépondérance actuelle des excuses légales et culturelles que les hommes invoquent pour tuer « leur » femme. Les nombreuses analyses de la jalousie possessive chez les hommes faites par Shakespeare sont mises à contribution pour illustrer à quel point les droits de propriété traditionnellement accordés aux hommes sur les femmes jettent encore une ombre sur les procès criminels. L’auteure préconise la valeur continue des généalogies conçues par Foucault comme des « contre-mémoires » dans le travail féministe sur la violence. L’étude de cas d’un oubli spécifiquement féministe de ce qui est en jeu dans la représentation et la réaction aux cas de « violence familiale » souligne l’ampleur de la tâche à accomplir pour faire passer la sympathie des agresseurs aux victimes.

Abstract

This article discusses the author’s current research project, an arts-based cultural intervention designed to shock audiences into registering intimate femicide as a first-order political problem in Western societies. Based on cases retrieved over the years from the English case law and recent cases unearthed by the most prolific of a new wave of feminist anti-violence bloggers, the project is pitched as an early educational intervention. A series of interactive learning modules in the form of theatre performances for schools invites young people to query the continuing legal and cultural salience of men’s excuses for killing “their” women. Shakespeare’s many problematizations of possessive jealousy in men are enlisted to help highlight the long shadow that historically mandated male possessory rights over women still cast over criminal trials. The author argues for the continuing value of Foucauldian genealogies conceived as “counter-memories” for anti-violence feminist work. A case study of a specifically feminist forgetting of what is at stake in the representation and response to “family violence” cases underlines the magnitude of the task of shifting sympathy from perpetrators to victims.

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Additional Information

ISSN
1911-0235
Print ISSN
0832-8781
Pages
pp. 276-299
Launched on MUSE
2014-12-24
Open Access
No
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