• La collaboration en matière de recherche scientifique et technique au Bénin : 2005–2009 / Collaboration in Scientific and Technology Research in Benin: 2005–2009
Résumé

La présente publication étudie la collaboration en matière de recherche scientifique et technique au Bénin. Les données utilisées sont les références bibliographiques de publications scientifiques indexées dans Web of Science comprenant au moins un co-auteur dont l’adresse est au Bénin. Seuls les articles publiés de 2005 à 2009 (une période de cinq ans) ont été sélectionnés. Plus de 80 % des publications sont co-écrites avec au moins un scientifique résidant à l’extérieur. L’Université d’Abomey-Calavi se trouve au centre de la collaboration scientifique institutionnelle. Les auteurs de publications scientifiques forment des sous-groupes de tailles variées, certains montrant plus de cohésion que d’autres. Les sous-groupes les plus en vue sont ceux des auteurs spécialisés en Sciences naturelles, Sciences médicales et sanitaires ou Sciences de l’ingénieur et technologiques.

Abstract

This paper studies scientific collaboration in the Beninese national research system. References to publications in Web of Science with at least one Benin-based co-author address were collected. Only papers published from 2005 to 2009 (a five-year period) were selected. Results show that over 80% of papers have at least one co-author with a foreign address. The Université d’Abomey-Calavi is the centre of the institutional collaboration network. Authors’ collaboration network reveals several sub-groups of different sizes and cohesion. The most prominent subgroups are those of the authors specialized in Natural Sciences, Medical and Health Sciences or Engineering Sciences and Technology.

Mots-clés

évaluation de la recherche, politique de recherche, recherche scientifique et technique, collaboration scientifique, Bénin

Keywords

research evaluation, research policy, scientific and technology research, research collaboration, Benin

Introduction

La recherche scientifique et technique requiert du chercheur disponibilité, équipement et finances. Elle est si exigeante que seul un chercheur ne peut faire face [End Page 188] à certaines expériences et se trouve dans l’obligation de s’associer à d’autres collègues. Par le biais de la coopération, les chercheurs réduisent le temps, les coûts et l’investissement personnel ; ils accroissent ainsi leur productivité. Ils partagent des compétences, des connaissances, des données, des idées, des équipements et des résultats de recherche. Ils profitent des conseils et aides de leurs pairs, apprennent des expériences ou forment des assistants. De même, la spécialisation de plus en plus croissante en science amène les chercheurs à coopérer. La coopération scientifique a lieu entre collègues provenant soit d’une même institution de recherche, soit de deux ou plusieurs institutions de recherche d’un même pays, ou de deux ou plusieurs pays.

La littérature sur l’évaluation de la recherche scientifique et technique au Bénin n’est pas très abondante. Certaines publications (Adjovi et Sinsin 2007 ; Babatundé et Sinsin 2010 ; Sokpon, Ouinsavi et Akpona 2009 ; Sokpon 2008) ont compilé des données brutes sur les Universités d’Abomey-Calavi et de Parakou comme l’effectif des enseignants et chercheurs, la production scientifique par établissement de formation, par domaine et par année, les résumés et abstracts des publications, des mémoires et des thèses soutenus par année sur une période donnée sans autres analyses chiffrées ; d’autres ont décrit le système national et la politique nationale de recherche scientifique et technique, identifié ses faiblesses (Hounhouigan 2008 ; Sokpon et Yabi Afouda 2008) et proposé des solutions ; d’autres encore ont fait recours aux techniques infométriques pour évaluer la production scientifique béninoise (Dahoun 1997 ; Gaillard 2010 ; Mêgnigbêto et Houzanmè 2012 ; Mêgnigbêto 2012, 2013a, 2013b). Ces derniers ont étudié, par exemple, la production annuelle, les institutions et les auteurs les plus prolifiques, les principaux domaines de recherche, le nombre d’auteurs par publication, le nombre de publications par auteur, les principales revues et les principaux réseaux de collaboration des auteurs, la langue et le type de publication, les documents citables, et la collaboration internationale.

D’après Bierschenk et Mongbo (1995), la recherche béninoise est dominée par des étrangers et se fait « dans le sillage et à l’ombre des projets de développement ». SCImago (2007) a estimé que 72 à 86 % des publications scientifiques du Bénin de 1996 à 2011 ont au moins un co-auteur résident à l’étranger au moment de la rédaction. Des chiffres semblables ont été avancés par Gaillard (2010, 54), Mêgnigbêto (2012, 2013a, 2013b) et Mêgnigbêto et Houzanmè (2012). Les trois dernières publications, plus particulièrement, ont produit l’indice de cosignature qui est le nombre d’auteurs par publication et ont trouvé une valeur supérieure à cinq indiquant qu’en moyenne, plus de cinq chercheurs ont co-écrit une publication. Cet indicateur s’accroit au fil des années, ce qui montre l’importance de la collaboration dans la recherche scientifique du Bénin.

Ces différentes études n’ont cependant pas abordé spécifiquement les acteurs de la collaboration. L’objectif de cette contribution est de déterminer les principaux acteurs de la collaboration scientifique au Bénin aux niveaux pays, institution, ville et chercheur. Nous formulons les questions de recherche suivantes : 1) Quels sont les principaux pays partenaires du Bénin en matière de recherche scientifique et technique ? 2) Quelles sont les institutions les plus en vue [End Page 189] en matière de coopération ? 3) Comment se présente la collaboration au niveau des auteurs ? 4) Quelles sont les villes impliquées dans la coopération ?

Méthodes et matériels

La collaboration en matière de recherche

La collaboration en matière de recherche scientifique et technique n’est aisée ni à définir ni à mesurer. Le terme est utilisé souvent comme synonyme de multiplicité d’auteurs ou d’adresses, c’est-à-dire qu’il y a collaboration scientifique dès que deux ou plusieurs chercheurs s’associent et font une publication (Bordons et Gomez 2000, 198 ; Katz et Martin 1997, 7) ou participent à un projet de recherche. Un synonyme du terme est coopération scientifique. La collaboration scientifique est un processus social ; elle est loin d’être simple et peut prendre plusieurs formes (Bordons et Gomez 2000, 198 ; Katz et Martin 1997, 7). Katz et Martin (1997) ont souligné que seuls certains aspects tangibles de la collaboration scienti-fique peuvent être mesurés, parce que le phénomène peut être régi par la complexité de l’interaction humaine. Cette dernière étude a énuméré les avantages de la cosignature comme mesure dans l’évaluation de la recherche scientifique : 1) elle est invariante et vérifiable, 2) elle revient relativement moins chère et s’avère pratique, 3) le corpus de données que l’on peut analyser avec cet indicateur peut être large, 4) les résultats qu’elle produit sont statistiquement plus significatifs. Le même article fait cas des limites de cet indicateur. Malgré ces limites, la cosignature est l’indicateur le mieux indiqué dans l’évaluation de la collaboration scientifique ; elle est d’ailleurs régulièrement utilisée par les chercheurs dans les études infométriques (Abbasi et al. 2012 ; Katz et Martin 1997 ; Bordons et Gomez 2000).

Dans la pratique, seuls les chercheurs pris individuellement coopèrent. Ce faisant, ils engendrent la collaboration entre les institutions dont ils relèvent. L’analyse de la cosignature a alors été étendue aux aspects institutionnels et organisationnels de la collaboration. Ainsi, le principe de la collaboration s’applique également aux groupes de recherche dans un même département, aux départements d’une même institution, aux institutions, aux disciplines de recherche et aux localités géographiques (Abbasi et al. 2012 ; Katz et Martin 1997, 9). Hou et al. (2008) parlent de niveau de collaboration et distinguent le niveau micro qui implique les individus, le niveau méso qui implique les institutions et le niveau macro qui implique les pays. L’information sur les auteurs en vue de mesurer la collaboration se trouve dans leurs affiliations ou adresses. Il y a collaboration à un niveau lorsqu’au moins deux chercheurs liés à des acteurs du niveau considéré ont collaboré. Bordons et Gomez (2000) ont défini les deux indicateurs principaux dans la coopération scientifique ; il s’agit de l’indice de cosignature, qui est le nombre moyen d’auteurs par document, et du taux de collaboration qui est le pourcentage de publications résultant de la coopération scientifique

Collecte et traitement des données

Une recherche a été effectuée dans Web of Science1 le 31 octobre 2011 sur toutes les publications ayant au moins un auteur affilié au Bénin. L’option [End Page 190] Recherche avancée avait été utilisée et l’expression exacte de la recherche fut cu= benin. Les bases de données sélectionnées étaient Science Citation Index Expanded (SCI-EXPANDED), Social Sciences Citation Index (SSCI), Arts & Humanities Citation Index (A&HCI), Conference Proceedings Citation Index-Science (CPCI-S), Conference Proceedings Citation Index-Social Science & Humanities (CPCI-SSH). La recherche fut limitée à la production publiée entre 2005 et 2009, soit une période de cinq ans. Au total, 794 références bibliographiques ont été sélectionnées et téléchargées. Une base de données bibliographique a été créée avec CDS/ISIS2 et un programme écrit en Pascal CDS/ISIS3 a été utilisé pour y importer les données. Plusieurs champs ont été retenus pour chaque référence, mais seulement les trois où sont stockées les informations sur les coauteurs des publications et leurs adresses nous intéressent ; il s’agit de Co-Auteurs, Affiliations et Auteur correspondant. Un autre programme écrit en Pascal CDS/ISIS a été utilisé pour extraire de ces deux champs les noms de pays, des villes et des institutions et les ajouter dans l’index aux fins de recherches. Enfin un troisième programme écrit en Pascal CDS/ISIS a été utilisé pour générer les fichiers nécessaires à l’analyse des réseaux avec Pajek, un logiciel d’analyse de larges réseaux sociaux (de Nooy et al. 2011).

Uniformisation des noms de pays, d’institutions et de villes

Dans Web of Science, lorsqu’une affiliation se trouve aux États-Unis (USA), USA n’est pas systématiquement ajouté à l’adresse de l’auteur. Le programme Pascal CDS/ISIS utilisé pour extraire les données liées à l’affiliation a procédé à cette correction. Zaïre apparaît encore dans les affiliations de certaines références bibliographiques, alors que pour d’autres, figurait Congo sans pour autant qu’il s’agisse de la République du Congo. Alors, avec les options du menu d’édition de CDS/ISIS, nous avons parcouru ces références bibliographiques une à une et procédé au remplacement de Zaïre par Congo DR (pour République Démocratique du Congo) et Congo par Congo DR également lorsque la ville d’affiliation se trouvait dans ce pays et non en République du Congo. De même, nous avons préféré lier les DOM-TOM à la métropole. En effet, le champ Country de Web of Science signifie en réalité Country and territories (pays et territoires). Ainsi les affiliations en Martinique, par exemple, ont été liées à la France. De même, nous avons préféré Royaume-Uni à l’éclatement Angleterre, Écosse, Pays de Galles et Irlande du Nord.

Indicateurs de réseau sociaux

Dans l’analyse des réseaux sociaux, certains indicateurs sont calculés pour déterminer la position et le rôle des acteurs. Pour un réseau indirect comme celui de la collaboration scientifique, les plus usuels et plus importants sont relatifs à la centralité. La centralité indique le degré auquel un acteur d’un réseau social est central ; elle mesure l’importance de l’acteur dans la communication dans le réseau. Au niveau global, la centralisation indique le degré d’organisation d’un réseau autour d’un acteur ; elle mesure la cohésion parmi des acteurs (Lu et al. 2010, 34) et est indiquée pour la comparaison de plusieurs réseaux. Centralité et centralisation [End Page 191] sont couramment mesurées par trois indicateurs que sont la centralité de degré, la centralité d’intermédiarité et la centralité de proximité (Boyer et al. 2011, 462 ; Freeman 1979, 237 ; Lu et al. 2010, 31). Dans un réseau indirect, la centralité de degré d’un acteur est le nombre de partenaires qu’il a ; elle indique l’importance d’un acteur au regard du nombre de relations qu’il possède. La centralité de proximité mesure comment un acteur est proche des autres acteurs, c’est-à-dire comment il est facile à l’acteur de communiquer avec les autres dans le réseau (Lu et al. 2010, 34). La centralité d’intermédiarité mesure la capacité d’un acteur à servir comme intermédiaire entre deux acteurs. « Il peut montrer si un individu joue le rôle de courtier ou de gardien » (Lu et al. 2010, 34). La centralité et la centralisation d’intermédiarité, la centralité et la centralisation de proximité varient de 0 à 1 alors que la centralité de degré varie de 0 à l’infini. Le degré de centralité convient mieux pour les leaders dans un réseau social. Il permet de connaître les acteurs les plus influents et mesure le niveau de coopération de chaque acteur au sein du réseau (Olmeda-Gómez et al. 2008). Pour la comparaison des réseaux, l’un des indicateurs indiqués est la densité qui se définit comme la proportion de relations présentes en rapport à l’ensemble des relations possibles.

Résultats

Indice de cosignature

Les 794 publications du Bénin ont été coécrites par 2 394 auteurs différents. Le nombre de co-auteurs par publication a crû régulièrement les quatre premières années, de 2005 à 2008, passant de 5,34 à 5,92. Il a connu une légère baisse la dernière année de la période d’étude (tableau 1). Ainsi, hormis l’année 2009, le nombre de co-auteurs par publication et par an est croissant, ce qui traduit que les scientifiques béninois s’associent de plus en plus au fil des années pour produire la connaissance.

Tableau 1. Evolution du nombre d’auteurs par publication de 2005 à 2009
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Tableau 1.

Evolution du nombre d’auteurs par publication de 2005 à 2009

Collaboration mondiale

Le taux annuel de collaboration internationale dans la production scientifique du Bénin varie de 83 à 87 % entre 2005 et 2009, avec une moyenne de 85,26 % sur la période (tableau 2). Cela indique que le Bénin reste fortement dépendant de l’extérieur et n’a pas encore un système national de recherche solide et autonome pouvant répondre au besoin de son développement. Les scientifiques du Bénin ont collaboré avec des collègues de 84 pays à travers tous les continents. Le premier pays partenaire du Bénin est la France, l’ancien colonisateur avec 243 [End Page 192] publications (30,60 %), suivi de la Belgique (13,73 %), des USA (9,32 %), du Royaume-Uni (6,42 %) et des Pays-Bas (6,3 %). Le premier pays africain partenaire du Bénin est le Nigeria qui occupe la sixième position avec une contribution de 5,92 % (tableau 3). Parmi les vingt premiers partenaires, on compte sept européens, trois américains et dix africains. Il en ressort que les premiers partenaires du Bénin sont des non Africains, notamment Européens et Américains et que l’ancien colonisateur domine fortement la production nationale.

Tableau 2. Part de la collaboration internationale dans la production scientifique du Bénin (2005–2009)
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Tableau 2.

Part de la collaboration internationale dans la production scientifique du Bénin (2005–2009)

Tableau 3. Les 20 premiers pays partenaires du Bénin (2005–2009)
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Tableau 3.

Les 20 premiers pays partenaires du Bénin (2005–2009)

Contribution au niveau des continents

Au niveau des continents, l’Europe vient en première position (62,23 %) suivie de l’Afrique (36,42 %), de l’Amérique (13,07 %), de l’Asie (4,80 %) et de l’Océanie (1,01 %). Les scientifiques français ont collaboré à 47 % des publications scientifiques que l’Europe partage avec le Bénin ; le Canada et les USA ont coécrit 82 % des publications que le continent américain a partagé avec le Bénin ; [End Page 193] la Chine, le Japon et l’Inde 77 % des publications béninoises avec au moins une adresse asiatique. Les pays sous-développés tels que définis par la Banque Mondiale ont collaboré à 47 % des publications du Bénin, les pays émergents (Brésil, Inde, Chine et Afrique du Sud) 7 % ; environ 60 % des publications ont un coauteur résidant dans un pays développé.

Collaboration avec l’Afrique

L’Union Africaine a découpé l’Afrique en cinq régions sur la base de critères culturels, économiques, historiques et géographiques4 ; ce sont la région Ouest (15 pays), la région Nord (5 pays)5, la région Centre (9 pays), la région Est (13 pays), et la région Sud (10 pays). La région Nord a contribué à la production scientifique du Bénin pour 15 publications comptant pour 4,6 % de la part de l’Afrique toute entière dans la production totale du Bénin, la région Ouest pour 217 publications (66,56 %), la région Centre pour 73 publications (22,39 %), la région Est pour 4 publications (13,80 %), et la région Sud 47 publications (14,42 %). Il en ressort que les deux tiers des publications que le Bénin partage avec l’Afrique relèvent de l’Afrique de l’Ouest. On note ainsi une préférence géographique et un intérêt pour l’intégration régionale dans la production scientifique du Bénin. Les deux premiers partenaires du Bénin par région de l’Afrique sont présentés dans le tableau 4.

Tableau 4. Les deux principaux partenaires du Bénin par région de l’Afrique
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Tableau 4.

Les deux principaux partenaires du Bénin par région de l’Afrique

Les principaux pays partenaires en Afrique de l’ouest sont, dans l’ordre décroissant (tableau 5) le Nigeria (22,12 %), le Burkina Faso (20,28 %), la Côte d’Ivoire (14,75 %), le Ghana (13,82 %) et le Sénégal (13,36 %). À eux seuls, ces cinq pays ont collaboré à 9 publications sur 10 que le Bénin a partagées avec l’A-frique, à environ 6 publications sur 10 que le Bénin a en commun avec l’Afrique et une publication [End Page 194] sur 10 de la production totale du Bénin. La proximité géographique semble être un critère dans le choix des partenaires régionaux du Bénin.

Tableau 5. Contribution de l’Afrique de l’Ouest à la production scientifique du Bénin
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Tableau 5.

Contribution de l’Afrique de l’Ouest à la production scientifique du Bénin

Figure 1. Principales institutions de la recherche béninoise et leurs relations de coopération-Note : Les points gris représentent les institutions béninoises et les points blancs les institutions non béninoises.
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Figure 1.

Principales institutions de la recherche béninoise et leurs relations de coopération-Note : Les points gris représentent les institutions béninoises et les points blancs les institutions non béninoises.

La collaboration entre institutions

Au total, 852 institutions ont contribué à la recherche du Bénin sur la période de l’étude. La coopération entre elles porte sur 1 à 39 articles. Nous avons sélectionné les relations portant sur au moins cinq publications et toutes les institutions qui [End Page 195]

Figure 2. Sous réseau des auteurs avec au moins cinq membres
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Figure 2.

Sous réseau des auteurs avec au moins cinq membres

ont au moins deux relations. Vingt-quatre institutions ont ainsi été sélectionnées et sont représentées sur la figure 2. Il faut noter que dans les références bibliographiques extraites de Web of Science, il y a ambigüité entre le Centre de recherches entomologiques de Cotonou (CREC) et IRD-Cotonou, ce qui nous a fait prendre le CREC comme une dépendance de IRD-Cotonou. Cette confusion a également été entretenue par le fait que certains chercheurs sont tantôt au CREC, tantôt à IRD-Cotonou, et tantôt aux deux institutions. Ainsi, les relations d’IRD-Cotonou incluent celle du CREC. Sur la figure, plus un cercle est gros, plus il y a d’institutions partenaires. Ainsi l’UAC a 29 partenaires, suivi de IRD-Cotonou et de l’IITA. Il est à noter également que plus une ligne est large, plus élevé est le [End Page 196] nombre d’articles co-écrits par les deux institutions qu’elle relie. Il en ressort que IRD-Cotonou et IRD-Montpellier sont les deux institutions qui ont le plus collaboré (39 publications).

Tableau 6. Indicateurs de centralité du réseau de collaboration entre institutions
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Tableau 6.

Indicateurs de centralité du réseau de collaboration entre institutions

Les indicateurs d’analyse de réseau des institutions sont calculés dans le tableau 6. L’Université d’Abomey Calavi, le plus gros producteur d’information scientifique au Bénin (cf. Gaillard 2010 ; Mêgnigbêto et Houzanmè 2012 ; Mêgnigbêto 2012, 2013a, 2013b) est au centre du réseau parce qu’il a de multiples relations. Sa centralité de degré est la plus élevé ; il en est de même pour ses centralités d’intermédiarité et de proximité. Un test de corrélation entre degré de centralité et degré d’intermédiarité d’une part et degré de centralité et degré de proximité de l’autre montre que plus un acteur a de partenaires plus il sert d’intermédiaire ou plus il a la possibilité d’entrer en collaboration avec d’autres partenaires (r = ,94 et r = ,90 respectivement).

La collaboration entre villes

L’Université d’Abomey–Calavi a présenté une dichotomie dans les bases de données de Web of Science quant à son adresse. En effet, bien qu’elle soit située physiquement à Abomey-Calavi, son adresse postale se trouve à Cotonou. Ainsi, dans Web of Science, l’UAC est tantôt à Cotonou, tantôt à Abomey-Calavi, mais la fréquence de Cotonou était nettement plus grande (90 %) ; alors, nous avons considéré Cotonou comme siège de l’UAC. Nous avons aussi procédé à la normalisation de certains noms de ville ; 410 villes abritent les institutions impliquées dans la collaboration en matière de recherche scientifique et technique au Bénin. Parmi elles, 10 sont béninoises ; dans l’ordre alphabétique ce sont Allada, Cotonou, Covè, Lalo, Ouidah, Parakou, Pobè, Porto-Novo, Tanguiéta et Zagnanado ; les 400 restantes sont des 84 pays partenaires. Le nombre de collaborations entre les villes varie de 1 à 110. En dehors de Cotonou, toutes les autres villes du Bénin ont de faibles relations avec l’extérieur (moins de dix collaborations). Le tableau 7 présente les 20 premières villes ayant de fortes relations avec Cotonou.

Collaboration entre auteurs

Au total, 2 394 auteurs différents ont contribué à la réaction des 794 articles. Le nombre de collaborations entre deux auteurs quelconque varie de 1 à 14 avec [End Page 197] 12 251 couples de coopération. Nous avons pris en considération uniquement les couples de coopération ayant au moins cinq publications. Cent huit auteurs ont été ainsi sélectionnés, formant vingt-quatre composantes disjointes. Nous avons par la suite retenu pour analyse les six composantes ayant au moins cinq membres. Elles impliquent 59 scientifiques. Les acteurs ont été positionnés sur la figure 3 suivant l’algorithme de Kamadaï, car celui-ci permet un meilleur positionnement des acteurs centraux. Les indicateurs de centralité des sous-réseaux sont calculés dans le tableau 8.

Tableau 7. Les 20 premières villes partenaires de Cotonou
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Tableau 7.

Les 20 premières villes partenaires de Cotonou

Les cinq premiers sous-réseaux sont constitués de chercheurs spécialisés en Sciences naturelles (plus précisément en Sciences biologiques et en Sciences médicales et sanitaires ; le sixième regroupe des chercheurs en Sciences de l’ingénieur et technologiques (sciences alimentaires), Sciences biologiques (biochimie) et Sciences médicales et sanitaires (nutrition et diététique). Cette classification est faite sur la base des disciplines attribuée par Web of Science à chaque revue, de la table de correspondance entre les disciplines de Web of Science et le Manuel de Frascati (Thomson Reuters 2010) et la version révisée de la classification du Manuel de Frascati (OCDE 2007). Le réseau N1 est le plus grand en termes de membres ; N4 est cependant le plus dense, c’est-à-dire qu’en son sein, il y a plus de relations entre les membres qu’ailleurs. Il est, par contre, plus facile aux membres du réseau N6 de communiquer entre eux par ce que ce réseau a les centralisations de proximité, d’intermédiarité et de degré les plus élevées. En somme, les acteurs du réseau N6 forment un ensemble plus cohésif, en matière de publications.

Nous avons étudié de plus près le réseau N1 parce qu’il est le plus large en termes de nombres d’acteurs (figure 3 et tableau 9). Dans le tableau 9, les acteurs sont rangés par degré de centralité décroissant. Il s’est révélé que cet ordre est le [End Page 198]

Figure 3. Positionnement des acteurs du sous-réseau Note : Les points blancs représentent les auteurs avec une affiliation au Bénin et les points gris les auteurs avec une affiliation à l’extérieur du Bénin.
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Figure 3.

Positionnement des acteurs du sous-réseau

Note : Les points blancs représentent les auteurs avec une affiliation au Bénin et les points gris les auteurs avec une affiliation à l’extérieur du Bénin.

Tableau 8. Caractéristiques des sous-réseaux des chercheurs
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Tableau 8.

Caractéristiques des sous-réseaux des chercheurs

Tableau 9. Indices de centralité des acteurs du sous-réseau I
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Tableau 9.

Indices de centralité des acteurs du sous-réseau I

[End Page 199]

même si le tri portait sur la centralité de proximité ou d’intermédiarité. Un test de corrélation de Pearson donne r = ,86 entre la centralité de d’intermédiarité et la centralité de proximité d’une part et r = ,91 entre la centralité de degré et d’intermédiarité de l’autre. Akogbèto M. Chandré F, Corbel V et Hougard J sont les acteurs centraux de ce sous-réseau.

Discussion

Comme suivant la tendance mondiale (cf. Adams 2012 ; Bordons et Gomez 2000 ; Toivanen et Ponomariov 2011), la recherche béninoise profite de la collaboration. La preuve en est le nombre croissant d’auteurs par publication. Ainsi, les scientifiques béninois sont conscients des avantages que procure la collaboration. Ce phénomène peut ne pas être volontaire, mais découler d’une obligation due à sa situation de pays sous-développé. En effet, le taux de collaboration internationale dans la recherche béninoise est trop élevé (plus de 80 %)6 ; cette conclusion est en accord avec celle de Dahoun (1997), Gaillard (2010), Mêgnigbêto et Houzanmè (2012), Mêgnigbêto (2012 ; 2013a ; 2013b) et SCImago (2007) ce qui indique que le Bénin dépend fortement de l’extérieur et n’a pas un système national de recherche autonome. Ce fort taux de collaboration en matière de recherche scientifique et technique est caractéristique des pays sous-développés. Toivanen et Ponomariov (2011) qualifient la situation de dépendance structurelle et l’attribuent à la forte dépendance financière des pays du Nord. Par conséquent, les pays sous-développés ne peuvent avoir ou respecter leurs propres priorités de recherche. En effet, les pays africains sont reconnus comme ayant la plus faible infrastructure de recherche (Pouris et Pouris 2009 ; Toivanen et Ponomariov 2011 ; Tijssen 2007 ; Adams et al 2010 ; UNESCO Institute of Statistics 2005) et n’arrivent même pas à affecter 1% de leur Produit Intérieur Brut à la recherche (Boshoff 2009) comme ils s’y étaient pourtant engagés à plusieurs occasions, comme dans le Plan d’action de Lagos (Organization of African Unity 1980). Cette pauvreté oblige les scientifiques des pays pauvres à se tourner vers leurs collègues des pays développés pour co-publier. Cette conclusion concorde avec celle d’autres études comme Toivanen et Ponomariov (2011) ; Adams et al. (2010) ; Tijssen (2007) et Boshoff (2009). Si la présence française s’explique par le passé colonial (Boshoff 2009 ; Dahoun 1999), Adams et al. (2010) justifient la présence des USA par le fait que plusieurs chercheurs africains ont fait leurs études dans ce pays ; rentrés chez eux, ils ont gardé des relations avec leurs anciens collègues ou professeurs.

Les principaux partenaires du Bénin dans les régions de l’Afrique sont parmi les grands producteurs. Les principaux pays partenaires du Bénin en Afrique de l’Ouest suggèrent le critère de la proximité géographique (Nigeria et Burkina) ou linguistique (Côte d’Ivoire et Sénégal) dans le choix des partenaires. La présence du Ghana peut être expliquée par l’argument de Mêgnigbêto (2013b) selon lequel bien qu’étant un pays francophone, le Bénin est plus enclin à collaborer avec des pays anglophones, car la science se publie principalement en anglais.

La collaboration au niveau des scientifiques a révélé de petits sous-groupes de collaboration dominés par quelques individus. Ces groupes relèvent tous des [End Page 200] Sciences naturelles, des Sciences médicales et sanitaires, et des Sciences de l’ingénieur et technologiques. Les sciences sociales et humaines sont absentes. Elles sont d’ailleurs sous-représentées dans les bases de données de Web of Science (Mêgnigbêto et Houzanmè 2012). Ceci constitue une illustration que dans les sciences dites dures, la collaboration en matière de recherche est une exigence.

Conclusion

Nous avons étudié la collaboration internationale dans les publications indexées dans la base de données de Web of Science dont au moins un co-auteur a une adresse au Bénin. Nous nous sommes particulièrement intéressés aux acteurs de cette collaboration à savoir les pays et régions du monde, les pays et régions d’A-frique, les pays de l’espace d’intégration régionale ouest-africaine auquel appartient le Bénin, les institutions, les villes et les chercheurs eux-mêmes.

Il en ressort que le système national de recherche scientifique technique du Bénin est fortement influencé par l’extérieur. En effet, plus de quatre publications sur cinq sont coécrites par un chercheur non résident au Bénin. Le continent européen est le premier partenaire du Bénin suivi de l’Afrique. Grosso modo, les pays développés, la France, ancien colonisateur en tête, sont les premiers partenaires du Bénin. En Afrique, le Bénin affiche une préférence à l’intégration régionale. Son premier partenaire est en effet la CEDEAO avec en tête le Nigeria, le Burkina-Faso, la Côte d’Ivoire et le Ghana. L’UAC, l’IRD-Cotonou et l’IITA sont les institutions ayant le plus diversifié leurs partenaires ; ce sont également les premiers producteurs de science au Bénin. Comme on pouvait s’y attendre, Cotonou est la ville du Bénin ayant le plus de relations avec les villes des pays partenaires. Au niveau des chercheurs pris individuellement, on note de petits groupes de collaboration dont les plus cohésifs s’observent en Sciences naturelles, Sciences médicales et sanitaires et Sciences de l’ingénieur et technologiques.

Les raisons de la forte dépendance du Bénin de l’extérieur sont soulignées par la Politique nationale et grands axes de la recherche scientifique et technologique au Bénin : ce sont par exemple le manque de financement, l’absence de motivation des chercheurs, l’absence de valorisation de produits de la recherche, les faiblesses du cadre institutionnel et législatif, l’absence de coordinations entre les programmes et les priorités de recherches et les activités de recherches, etc. Dans ces conditions, il est impossible que la recherche concoure effectivement à la résolution des problèmes locaux et donc au développement national.

Eustache Mêgnigbêto
Bureau d’Etudes et de Recherches en Science de l’information (BERSI), 09 B 477
Saint Michel, Cotonou, République du Bénin
University of Antwerp, Institute for Education and Information Sciences, IBW, Venusstraat 35, B-2000 Antwerp, Belgique
E-mail : eustachem@gmail.com

Notes

1. Web of Science est une base de données bibliographiques multidisciplinaire internationale élaborée et mise à jour par l’Institute of Scientific Information (ISI), aujourd’hui Thomson Reuters. Il est la principale source de données utilisée pour l’analyse bibliométrique à travers le monde (Mêgnigbêto et Houzanmè 2012, 184).

2. CDS-ISIS est un logiciel de gestion de bases de données factuelles développé par l’UNESCO (1989a).

3. Le logiciel CDS/ISIS est doté d’un langage de programmation qui permet de « développer des applications [...] qui utilisent des fonctions non disponibles dans le logiciel standard » [End Page 201] (UNESCO 1989b). Ce langage donne aux utilisateurs du logiciel la possibilité d’étendre le CDS/ISIS standard, de le compléter, de le rendre plus puissant et de répondre à des besoins particuliers (Mêgnigbêto 1998).

4. Résolution CM/Res.464 (XXVI) adoptée par le Conseil des ministres de l’Organisation de l’Unité Africaine (maintenant Union africaine) en sa 26e session ordinaire tenues à Addis-Abeba en Éthiopie du 23 février au 1er mars 1976. La liste des pays a été mise à jour en 2004.

5. Le Maroc est un pays africain et appartient au nord géographique. Cependant, il n’est pas membre de l’Union africaine pour des raisons politiques. Il ne fait pas partie de la classification de l’Union africaine. Dans le cadre de cette étude, nous l’avons ajouté à la région Nord.

6. En comparaison avec le Ghana (58,19 %) et le Sénégal (62,72 %), le Bénin a un taux de collaboration internationale de 79,76 % sur la période 1975–2010 (Mêgnigbêto 2013a, 1132). Sur les quinze pays de l’Afrique de l’Ouest classés suivant l’ordre croissant du taux de collaboration internationale pour la période 2001–2010, le Bénin occupe le 7e rang avec 84,94 % ; le Nigeria est premier (28,42 %), suivi du Togo (69,20 %) et du Ghana (71,09 %) (Mêgnigbêto 2013c, 776 & 780).

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