Abstract

En 1993, la Revue Femmes et Droit publiait un numéro spécial sur le racisme afin de «changer les paradigmes» du savoir juridique féministe au Canada. Le présent article étudie les articles publiés dans la revue depuis ce temps pour savoir dans quelle mesure cette aspiration s’est concrétisée. Bien que certains progrès aient été réalisés, les féministes ne théorisent pas automatiquement le racisme et le colonialisme. Cette théorisation n’est entreprise que lorsque les questions en jeu sont considérées comme importantes par les femmes racialisées. L’auteure se demande pourquoi les féministes, et en particulier les féministes de race blanche, n’intègrent toujours pas les effets du racisme et du colonialisme dans leurs écrits, et elle observe les conséquences potentielles de ce choix. Elle soutient qu’en ignorant le rôle du racisme et du colonialisme dans le savoir juridique, on perpétue les systèmes de domination que le féminisme devrait éliminer fermement, ce qui entrave le projet féministe. Enfin, l’auteure va jusqu’à se demander si des théories qui ne font pas d’analyse sérieuse du rôle du racisme, du colonialisme et d’autres formes d’oppression peuvent encore être considérées comme féministes.

Abstract

In 1993, the Canadian Journal of Women and the Law published a special issue on racism in an effort to “shift paradigms” in feminist legal scholarship in Canada. This article examines scholarship published in the journal since that time to evaluate to what extent this aspiration has been realized. Although some progress has been made, feminist theorizing around racism and colonialism is not being undertaken as a matter of course. Rather, this theorizing is pursued most often when an issue has obvious significance to racialized women. The author explores why feminists, and white feminists in particular, still do not regularly integrate the impact of racism and colonialism into their writing and the potential consequences of this choice. She argues that ignoring the role of racism and colonialism in legal scholarship perpetuates systems of domination, which feminism should be aggressively dismantling and thus impedes the feminist project. The author ultimately questions whether theorizing without meaningful analysis of the role of racism, colonialism, and other sites of oppression can still be considered feminist.

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Additional Information

ISSN
1911-0235
Print ISSN
0832-8781
Pages
pp. 81-115
Launched on MUSE
2014-05-02
Open Access
No
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