Abstract

Sur les traces de Patricia Monture, j’affirme dans le présent article que la loi n’est pas un arbitre transformateur de la justice, mais qu’au contraire, elle contribue activement à recouvrer et à récupérer la domination colonialiste et l’affirmation de la souveraineté des colonisateurs. J’illustre cette affirmation en interprétant de façon critique la décision McIvor c Registrar, Indian and Northern Affairs Canada, une cause qui posait le problème du sexisme dans le critère établi par le gouvernement fédéral pour reconnaître « la quiddité indienne ». Cette cause offrait l’occasion de rectifier l’histoire de la discrimination sexuelle dans la Loi sur les Indiens et de concilier l’injustice racialisée telle qu’elle est perpétrée par le biais du sexisme, dont elle est inséparable, mais elle a finalement échoué. En effet, cette cause a raconté (à nouveau) l’histoire d’un sexisme non lié à la race, ainsi qu’une fiction eurocentrique séparant « femme » de « Indien ». Cette cause nous a donc empêchés de voir l’inégalité du traitement que les femmes autochtones et leur descendance—en fait tous les Indiens inscrits—subissent en tant que peuples racisés. Je soutiens que le droit canadien continue, comme il le fait depuis quatre décennies, à utiliser la « quiddité indienne » comme stratégie pour déposséder et miner la souveraineté des peuples autochtones.

Abstract

Following Patricia Monture, I argue in this article that the law is not a transformative arbiter of justice but, rather, is actively invested in the recovery and recuperation of colonial dominance and the affirmation of settler sovereignty. I illustrate this argument through a critical reading of McIvor v The Registrar, Indian and Northern Affairs Canada, a progressive case that challenged sexism in the criteria established by the federal government for recognizing “Indianness.” This case had the potential to correct the history of sex discrimination in the Indian Act and to reconcile the matter of racialized injustice as it is realized through, and inseparable from, sexism, but it ultimately failed. In fact, the case (re-)told a raceless story of sexism as well as an original Eurocentric fiction that separates “woman” from “Indian.” This case thus prevented us from seeing the inequality of treatment that indigenous women and their descendants—indeed, all status Indians—face as racialized peoples. Canadian law, I argue, continues as it has over the last four decades to mobilize “Indianness” as a strategy to dispossess and undermine the sovereignty of indigenous peoples.

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Additional Information

ISSN
1911-0235
Print ISSN
0832-8781
Pages
pp. 23-50
Launched on MUSE
2014-05-02
Open Access
No
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