Abstract

Throughout the fall of 1974, the threatened deportation of several hundred Haitians catalysed a major crisis in Quebec society. Rather than quietly accepting their fate, resisting individually by going underground, or heading to another jurisdiction, Haitian migrants brought their story to the larger public through protests and interventions in the mainstream media. In so doing, they mobilized a movement opposing the deportations, precipitating a crisis in Quebec political life during which church groups, trade unions, voluntary associations, civil rights organizations, and artists and intellectuals denounced the strict enforcement of immigration regulations. Partly because of their appeals to the conscience of the population, and partly because of their ability to position themselves as ideal francophone immigrants for modern Quebec, Haitian migrants created a space for themselves in the public sphere in which their voices and perspectives could be heard. Throughout the crisis, they used this space to shift the discussion beyond debates about federal–provincial relations, to introduce new arguments about the interconnected histories of Canada, Quebec, and Haiti. The arguments that they brought forward had an important influence on social movements in Quebec as well as on the province’s political culture in general.

Tout au long de l’automne 1974, la menace de déportation contre des centaines d’Haïtiens a déclenché une grave crise dans la société québécoise. Au lieu de se résigner à leur sort, de résister individuellement en passant à la clandestinité ou de se rendre dans un autre territoire, les migrants haïtiens ont utilisé des protestations et des interventions dans les médias de masse pour faire connaître leur cause. Ce faisant, ils ont créé un mouvement d’opposition aux déportations, précipitant la vie politique québécoise dans une crise où les groupes religieux, les syndicats, les associations bénévoles, les organismes de défense des droits de la personne et les artistes et intellectuels ont dénoncé l’application inflexible des règles en matière d’immigration. En partie grâce à leurs appels à la conscience de la population, en partie grâce à leur capacité de se positionner comme immigrants francophones idéaux pour le Québec moderne, les migrants haïtiens se sont aménagé un espace dans la sphère publique où leurs voix et points de vue devenaient audibles. Pendant la durée de la crise, ils ont employé cet espace pour porter la discussion au-delà des débats sur les relations fédérales-provinciales et présenter un nouvel argumentaire au sujet des intersections entre les histoires du Canada, du Québec et d’Haïti. Cet argumentaire a considérablement influencé les mouvements sociaux au Québec et même la culture politique générale de la province.

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Additional Information

ISSN
1710-1093
Print ISSN
0008-3755
Pages
pp. 405-435
Launched on MUSE
2013-09-14
Open Access
No
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