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464 LETTERS IN CANADA 1982 suite presque aegalite l'Angleterre, la Pologne et Ie Canada (une dizaine) alors que se signalent la Tunisie, la Hollande, l'Australie et Ie Japan (une pour ehaque pays). L'ouvrage de D. Baguley offre ala fin (comme dans Ie premier tome) les index necessaires: ceux des sujets et des noms. Un examen superficiel du premier revele que les premiers romans (a I'exception de Therese Raquin) sont les mains etudies alors que du cote des Rougon-Macquart Son Excellence Eugene Rougon parait plutot neglige (six renvois) compare a L'Assommoir (soixante dix-sept) et it Germinal (cent six). Autre constat rapide: les etudes thematiques ant la faveur alors que les lectures psychanalytiques sont les mains developpees. Comme on Ie voit, la Bibliographie Baguley est d'une richesse incomparable qui permet une vision precise et globale des travaux contemporains. (JACQUES ALLARD) David J. Niederauer. Pierre Louys: his Life and Art Canadian Federation for the Humanities, P.D. Meany Publishers 1981. 300 La renommee posthume d'un ecrivain est-elle proportionnelle it son genie et a son role dans l'evolution des lettres, au faut-il tenir compte aussi, meme pour Ie 'jugement de la posterite,' des lois mysterieuses de la mode? Le cas de Pierre Louys offre i\ ce sujet matiere i\ reflexion. Tout semblait destiner i\ une durable notoriete ce poete bourre de talent qui, tout jeune, s'etait place au centre de la bataille symboliste et qui avait connu un immense succes lars de la publication de son roman Aphrodite (1896). Au contraire, il a subi une occultation progressive, au point de n'etre meme pas cite dans certaines histoires de la litteralure. Cependant, il continuait d'etre reedite, mais uniquement pour satisfaire la clientele toujours presente des amateurs d'erotisme. Le professeur Niederauer croit qu'Aphrodite valait mieux que cette douteuse reputation et sa demonstration est assez convaincante. Comme ecrivain, Pierre Louys n'a peut-etre pas egale les plus grands, mais la litterature fran~aise aurait ele differente s'il n'avait pas existe. Encore Iyeeen, il se trouve Ie condisciple d'Andre Gide et restera son ami pendant plusieurs annees. Un peu plus tard, il fait la connaissance de Valery, qu'il presente a Gide, puis i\ Mallarme. 11 fonde ensuite la celebre revue symboliste La Conque, qui regroupe les collaborations de taus ceux qui comptent dans la poesie de la fin du XIX' siecle. En 1891, il rencontre Oscar Wilde, avec lequel il sera tres lie, puis prendra ses distances, pour eviter de se forger une reputation d'homosexuel. Ami de Debussy, ille conduit un jour aupres de Maeterlinck, ce qui donne lieu i\ une amusante entrevue, digne de la comedie des Deux Timides! C'est surtout l'reuvre du prosateur qui merite d'etre rehabilitee. Comme poete, il a mal vieilli, paree qu'il a trap sacrifie au vocabulaire et i\ HUMANITIES 465 I'imagerie de l'ecole symboliste. II est reste aussi curieusement fidele ii la versification dassique a une epoque ou Ie vers se liMrait de toutes parts. Enfin, et ceci vaut aussi pour Ie prosateur, I'inspiration de Louys est assez limitee: il ne sort guere de la sensualite et des descriptions voluptueuses. Toutefois, Ie professeur Niederauer pense qu'il a He mal compris. Selon lui, cet ecrivain licencieux etait double d'un moraliste, qui aurait revendique Ie droit 11 une existence plus libre et aussi Ie droit de tout dire en litterature. II aurait luUe courageusement contre Ie dimat Houffant d'une epoque aussi victorienne en France qu'en Angleterre. Niederauer decrit avec beaucoup de bonheur cette ambiance puritaine dominee par les rodomontades du senateur Berenger, dit Ie 'Pere-IaPudeur .' Les romans antiques de Louys posent aussi un probleme historique interessant: la societe grecque etait-elle aussi misogyne que l'a pretendu Winckelmann? Dans sa vie intime, sur laquelle I'auteur insiste beaucoup, Louys a He exactement l'homme de son eeuvre, chose assez rare. Ce parfait dandy, qui jetait 1'argent par les fenetres lorsqu'il en avait, mena souvent de front des aventures feminines nombreuses et compliquees. Jl connut Ie grand amour avec Marie de Heredia, qu'il avait pourtant abandonnee a...

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Additional Information

ISSN
1712-5278
Print ISSN
0042-0247
Pages
pp. 464-465
Launched on MUSE
2014-07-02
Open Access
No
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