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Reviewed by:
  • L’économie sociale et solidaire. Nouvelles pratiques et dynamiques territoriales by Erika Flahault, Henry Noguès et Nathalie Schieb-Bienfait
  • Matthieu Hély
Erika FLAHAULT, Henry NOGUÈS et Nathalie SCHIEB-BIENFAIT (dir.). - L’économie sociale et solidaire. Nouvelles pratiques et dynamiques territoriales. Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2011, 258 pages. « Économie et société ».

L’ouvrage collectif dont il est question ici, coordonné par une sociologue, une gestionnaire et un économiste, est le fruit d’un colloque organisé en 2008 dans un lieu non académique mais bel et bien politique : l’hôtel de région des pays de la Loire, puisqu’il constituait l’aboutissement d’un programme financé par cette même collectivité publique (« Économie sociale et solidaire : acteurs, structures, dynamiques locales », 2006–2008). Cet événement a rassemblé un public de 170 participants composé de chercheurs et universitaires, mais également, comme le rappellent les auteurs dès le préambule de l’ouvrage, « des responsables et des militants dans le champ de l’économie sociale et solidaire (ESS) ». Ces derniers ont en outre présidé les nombreux ateliers thématiques du colloque. La liste des intervenants à ces journées déborde largement la sphère académique puisqu’elle comprend [End Page 165] à la fois des consultants, des porte-parole mandatés par les diverses institutions de l’économie sociale et solidaire, des praticiens de terrain et des sympathisants. Ce sont donc des militants experts et chercheurs sympathisants qui se sont réunis autour d’une (bonne) cause commune : développer les « savoirs » acquis sur et dans l’ESS. Cette dynamique de coopération entre monde universitaire et praticiens de l’ESS – d’aucuns parleraient d’une véritable « nébuleuse réformatrice »1 – est le fruit d’une longue histoire que jalonnent, depuis le milieu du XIXe siècle, la création par Frédéric Le Play de la Société d’économie sociale, puis l’œuvre de Charles Gide, fondateur de la Revue internationale de l’économie sociale en 1921. L’ouvrage annonce ses ambitions académico-politiques dès le préambule : « le « réseau Grand Ouest de recherche en économie sociale et solidaire » auquel les auteurs collaborent s’est donné pour mission de « favoriser la capitalisation, la mutualisation et la confrontation des travaux de recherche, tant à l’intérieur qu’en dehors du réseau, mais aussi leur diffusion et mise en débat auprès des acteurs de l’économie sociale et solidaire, et plus globalement du monde socio-économique et politique » (p. 12). En explicitant davantage ses ambitions ainsi affichées, l’ouvrage aurait certainement gagné en crédibilité. À plusieurs reprises, en effet, la connivence implicite des contributeurs avec les organisations qu’ils étudient transparaît dans des formules naturalisées ou des évidences partagées, ou plutôt pensées à tort comme unanimement partagées, ce qui a pour effet indirect de renforcer la distance d’un lecteur critique, ou tout simplement extérieur au « petit » monde de l’ESS, à son jargon et à ses marques d’appartenance.

L’ouvrage est organisé en trois parties relativement indépendantes, « retenues pour leur actualité, pour les enjeux qu’elles portent et pour les perspectives d’échanges qu’elles autorisent », indiquent les auteurs. La première propose une réflexion sur l’entrepreneuriat en ESS et une interrogation sur ses spécificités. Le concept d’ « entrepreneuriat social » est ainsi décrit par Sophie Boutiller comme une invention des institutions du capitalisme (organisations patronales, business schools, etc.), telle qu’a pu l’incarner un John Rockefeller. Pour autant, certaines réflexions auraient pu utilement s’appuyer sur des références à l’économie politique. Notamment lorsque l’auteure écrit que « l’entrepreneur [en ESS] crée de la valeur et des emplois au même titre que l’entrepreneur au sens générique du terme » (p. 35). Certes, mais s’agit-il de la valeur au sens marchand et ne produit-il pas une autre valeur qui échappe à la mesure purement marchande ? La fameuse « utilité sociale » invoquée par les associations pour solliciter l’aide de la puissance publique au financement de leur cause ne mériterait...

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Additional Information

ISSN
1961-8646
Print ISSN
0027-2671
Pages
pp. 165-169
Launched on MUSE
2013-03-27
Open Access
No
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