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Reviewed by:
  • Welfare’s Forgotten Past. A Socio-Legal History of the Poor Law by Lorie Charlesworth
  • Thomas Le Roux
Lorie CHARLESWORTH. - Welfare’s Forgotten Past. A Socio-Legal History of the Poor Law. New York, Routledge, 2010, 234 pages.

Avec la promotion de la Big Society par l’actuel gouvernement britannique conservateur et la remise en cause de l’État-providence, rien de plus utile qu’une histoire des politiques d’assistance en Angleterre et au Pays de Galles dans la longue durée. Ce livre court et iconoclaste contribue au débat sur la nature de la mixed economy of welfare largement revisitée ces dernières années par les historiens de la société civile et de l’économie. En historienne du droit, Lorie Charlesworth s’empare de ces questions en se concentrant sur une analyse juridique de la législation sur les pauvres, la Poor Law, depuis ses débuts en 1601 jusqu’au cœur du XIXe siècle. Elle décale la focale d’analyse traditionnelle : plutôt que de débattre de l’efficacité de la Poor Law ou de son lien avec les structures locales d’assistance ou les mouvements philanthropiques, elle affirme que la dimension juridique de la loi a été purement écartée par plusieurs générations d’historiens, alors que les contemporains avaient parfaitement conscience que l’assistance de la pauvreté était davantage un droit qu’une libéralité charitable. Cette thèse simple et forte s’articule sur deux observations qui se mêlent au fil des pages : le droit fondamental des pauvres à l’assistance a été en grande partie vidé de sa substance dans la première moitié du XIXe siècle, avec la New Poor Law de 1834 et ses réformes subséquentes, en 1847 notamment, tandis que la réalité de l’existence de ce droit a été déconstruite par les historiens, soit qu’ils adhéraient à ces réformes, soient que leur empathie envers les pauvres les rendaient [End Page 163] fort critiques envers la Old Poor Law, assimilée à la servitude des classes populaires et symbole d’une société archaïque et conservatrice.

L’important pour l’auteure, qui adopte une posture ouvertement révisionniste, c’est qu’avant d’être un accompagnement social, la Old Poor Law était essentiellement un dispositif légal. Inclus dans la philosophie de la Common Law et puisant ses premières dispositions dans le premier tiers du XVIe siècle, il s’agit d’une loi techniquement formalisée en 1601, puis maintes fois réformée (notamment en 1662 et 1795), mais dont le principe reste en droit identique : en échange d’une domiciliation fixe (settlement) dans une paroisse et d’une obligation de travail, les pauvres peuvent prétendre à une aide de leur paroisse s’ils n’ont plus de recours familiaux. Pour rendre ce droit effectif, les paroisses avaient l’obligation de lever les ressources nécessaires auprès de leurs contribuables, locataires ou propriétaires, à hauteur des besoins. Qui plus est, toute contestation, recours ou appel devait être tranché par le système judiciaire, en particulier les justices de paix, qui veillaient scrupuleusement au respect de ce droit. Bien que d’application locale, les principes et les systèmes de recours permettaient une application globalement homogène de la Poor Law sur l’ensemble des territoires anglais et gallois. Déjà menacée à la fin du XVIIIe siècle, sous la pression d’une industrialisation qui exigeait la création d’un marché du travail et une plus grande mobilité des ouvriers, la Poor Law fut réformée en 1834, après un rapport de Chadwick : l’obligation d’assistance des paroisses fut rendue caduque, le pauvre devait dorénavant se tourner vers les workhouses, ces ateliers à la discipline militaire tant décriés, s’il voulait bénéficier de l’assistance publique. Seuls les invalides pouvaient continuer à bénéficier de l’assistance des paroisses, elles-mêmes réunies en unions à périmètre plus large. Bien que la réforme ait instauré un système disciplinaire, bureaucratique et centralis...

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Additional Information

ISSN
1961-8646
Print ISSN
0027-2671
Pages
pp. 163-165
Launched on MUSE
2013-03-27
Open Access
No
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