Abstract

This article seeks to examine yet unexplored policies against poverty and insecurity under a double perspective. Firstly, as a complex and multi-shaped maze, with a fundamental role played by local authorities and organisations : indeed, France, like Germany and Anglo-Saxon countries, falls under a « mixed economy of welfare ». Secondly, as a recurrent articulation of sanitary and social vulnerabilities, the only basis considered as politically correct until the mid-twentieth century. From the beginnings of the Third Republic to the eve of the First World War, these policies were elaborated by a general evolution from the local sphere to the national sphere by targeting communities presenting a double sanitary and social vulnerability. From one war to the next, the consecration of social hygiene moved the direction of social action even further towards the realm of the sanitary, even though traditional assistance was seemingly temporarily revived by the 1930s crisis and the difficulties entailed by the German occupation. Finally, the focus on the remaining “pockets” of poverty (especially the elderly and immigrants) during the “Glorious Thirty” (1945–1975) led to the intermingling of both forms of insecurity, although it was no longer exclusive.

Abstract

Cet article aborde l’histoire des politiques de lutte contre la pauvreté-précarité au XXe siècle, encore peu étudiées, sous un double prisme. D’une part, comme écheveau complexe et multiforme, avec un rôle fondamental des pouvoirs publics locaux et des associations : comme les pays anglo-saxons ou l’Allemagne, la France relève bien d’une « mixed economy of welfare ». D’autre part, comme articulation récurrente des vulnérabilités sanitaires et sociales, seul socle considéré comme politiquement acceptable jusqu’au milieu du XXe siècle. Des débuts de la Troisième République à la veille de la Grande Guerre, ces politiques s’élaborent par une montée en généralité du local au national, en ciblant les populations à double vulnérabilité sociale et sanitaire. D’une guerre à l’autre, la consécration de l’hygiène sociale déplace plus encore vers le sanitaire le curseur de l’action sociale, même si l’assistance traditionnelle apparaît conjoncturellement revivifiée par la crise des années 1930 puis les difficultés de l’Occupation. Durant les Trente glorieuses enfin, la focalisation sur les « poches » restantes de pauvreté (principalement personnes âgées et immigrés) amène à poursuivre le croisement des deux formes de vulnérabilité, même s’il n’est politiquement plus exclusif.

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Additional Information

ISSN
1961-8646
Print ISSN
0027-2671
Pages
pp. 9-29
Launched on MUSE
2013-03-27
Open Access
No
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