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André Gide, Correspondance avec Paul Desjardins, Jacques Heurgon et Anne Heurgon-Desjardins. Pierre Masson, éd. Paris: Éditions des Cendres, 2011. Pp. 269. 28 €.

Cette correspondance à multiples voix montre Gide, entre 1908 et 1950, parmi les membres de la famille Desjardins et Heurgon, d'une décade de Pontigny à l'autre et pendant la Deuxième Guerre à Alger, où il séjourne l'essentiel de l'année 1944 chez les Heurgon, surtout dans la compagnie [End Page 135] d'Anne Heurgon et de ses enfants, Jacques Heurgon, normalien et universitaire comme Paul Desjardins, participant alors à la campagne d'Italie.

Grand connaisseur de Gide, Pierre Masson donne une édition extrêmement complète des lettres échangées, y compris avec Marie-Amélie Desjardins dans son rôle organisateur de certaines décades. L'introduction de Pierre Masson fait remonter à la fin des années 1880 l'intérêt, parfois nuancé, de Gide pour les articles de critique de Paul Desjardins, qui lui-même devient lecteur rigoureux de Gide (84-87), mais sans lui porter l'admiration inconditionnelle qu'aura Jacques Heurgon, ancien élève de Desjardins présenté à Gide en 1923 à Pontigny. Des remarques très utiles et de longueur variée sont insérées régulièrement entre les lettres pour offrir d'autres informations encore que celles fournies en notes et pour rendre le contexte personnel et littéraire dans toute sa complexité. Maintenant à la fois le lien familial et celui de Pontigny, la postface est d'Édith Heurgon, mentionnée toute petite dans le Journal de Gide (130, 254) et directrice actuelle de Cerisy, qui répond à quelques-unes des questions émanant de la lecture des lettres, et voit le Gide de Pontigny poursuivi dans le Derrida de Cerisy (260).

Les lettres contiennent, en rapport parfois avec Pontigny, des aperçus ponctuels sur différents projets et œuvres de Gide: première évocation, en 1933, de l'Anthologie de la poésie française parue en 1949 (82-83); Œdipe, à la rédaction duquel Gide semble se remettre avec un nouvel élan suite à une longue lettre de Jacques Heurgon, fin 1929 (76-77, 79); Retour de l'URSS reçu dans un vif enthousiasme par Jacques Heurgon (93) et avec "délectation" (94) par Paul Desjardins que, dans une autre époque, Gide avait côtoyé à l'Union pour la Vérité; l'écriture de Thésée, chez les Heurgon, au retour de Gao (166) et, dans la même année 1944, les tractations autour de L'Arche (156-57); l'action protectrice de Jacques Heurgon à l'égard de l'œuvre de Gide en Italie et de ce qui pourrait le compromettre dans ses Pages de journal (173) ou encore dans Retour de l'URSS et Retouches, éditions auxquelles on aurait "mille fois raison de surseoir" (170); et dans ces derniers mois de la guerre, le regard attentif d'Heurgon sur les traductions en italien des écrits de Gide, dont L'Immoraliste, qui, prévient l'auteur, "fourmille de subtilités-traquenards" (170).

C'est sur un autre ton que s'écrivent les lettres avec Anne Heurgon, qui rend aussi, à l'occasion, service à Gide, avec une tendresse et une intimité qui prennent, chez elle, de la force dans les souvenirs des moments passés auprès du "bien cher" Gide et dans ses propres rêves et secrets. Ce livre permet de rencontrer trois types de correspondants de Gide, le lecteur appréciatif mais exigeant, Paul Desjardins, le jeune disciple, Jacques Heurgon, et, en Anne Heurgon, l'affection totale. [End Page 136]

Stephen Steele
Simon Fraser University
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Additional Information

ISSN
1931-0234
Print ISSN
0014-0767
Pages
pp. 135-136
Launched on MUSE
2012-03-28
Open Access
No
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