Abstract

Un consensus existe voulant que certains groupes ethniques minoritaires soient surreprésentés dans leurs contacts avec le système juridique canadien, mais on ne s'entend pas toujours sur les causes de cette surreprésentation. Deux explications sont les plus souvent avancées : des différences en matière d'implication dans des activités criminelles de ces groupes et une approche policière différentielle à leur égard. Les approches policières différentes peuvent être attribuables au fait que les minorités sont exposées à davantage de facteurs de risque ou à des méthodes policières discriminatoires. Le présent article porte sur les déclarations volontaires de délinquance et les contacts avec la police d'un échantillon représentatif de jeunes Canadiens de 12 à 17 ayant participé à l'Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes, afin de vérifier les hypothèses à l'effet que le nombre disproportionné de contacts de ces groupes avec la police est attribuable aux différences en matière d'implication ou de traitement en raison du nombre disproportionné de facteurs de risque. Les résultats indiquent que ces minorités avaient un nombre disproportionné de contacts avec la police, mais rien n'est venu appuyer les explications voulant que ces contacts soient attribuables aux différences en matière d'implication dans des activités criminelles qu'ils privilégient ou à un traitement différent lié à des facteurs de risque. Si l'on fait une distinction entre les jeunes ayant déclaré s'être adonnés à la criminalité avec violence et tous les autres, on constate que les contacts beaucoup plus fréquents avec la police ne s'appliquaient qu'aux jeunes non violents, et que la fréquence de ces contacts ne pouvait pas être expliquée par un traitement différentiel lié à des facteurs de risque. Si l'on élimine les autres explications, les résultats obtenus suggèrent que ces contacts plus fréquents pourraient être attribuables à des approches policières discriminatoires au Canada.

Abstract

There is a consensus that some racial groups are over-represented in their contact with the Canadian justice system, but a lack of agreement about possible reasons for this over-representation. The two dominant explanations for disproportionate minority contact (DMC) with the police are differential involvement in crime and differential treatment by the police. Differential treatment may be due to disproportionate possession by minorities of risk factors for police contact or to discriminatory policing. This paper uses data on self-reported delinquency and police contacts from a representative sample of Canadian youth aged 12 to 17 years from the National Longitudinal Study of Children and Youth to test the hypotheses that DMC is due to differential involvement or to differential treatment due to disproportionate risk factors. The results indicate that there was disproportionate minority contact with the police, but no support was found for explanations of DMC in terms of either differential involvement or differential treatment due to risk factors. Distinguishing between youth who report violent delinquency and all other youth, DMC was found only for the non-violent youth; this DMC was also not explained by differential treatment due to risk factors. By eliminating other explanations, the results suggest that racially discriminatory policing may be one explanation for DMC in Canada.

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Additional Information

ISSN
1911-0219
Print ISSN
1707-7753
Pages
pp. 449-486
Launched on MUSE
2012-01-01
Open Access
No
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