Abstract

Capitale de la colonie française du Gabon, Libreville devenait fameuse au dix-neuvième siècle pour sa quantité élevée d'unions mixtes européennes-africaines. Puisant dans les craintes de proximité de cultures diverses et dans les idées de dégénération qui vont naître en Europe à cette époque, les européens au Gabon déployaient des clichés d'une promiscuité des femmes Mpongwes ou d'influences étrangères corruptrices pour décrire les relations sexuelles à travers les frontières raciales à Libreville. Les membres de différentes communautés indigènes et étrangères se sont servis de l'image défavorable des maîtresses Mpongwes afin de critiquer à la fois le statut moral les uns des autres et l'idée d'assimilation des Africains à la culture et la religion européennes. Ils l'ont aussi utilisée à dérider les femmes africaines elles-mêmes. Les histoires de la vie de deux femmes, Anyentyuwa et Marie Ndar, mettent en évidence la diversité de motifs et de pratiques dans les relations sexuelles interraciales: de l'exploitation et de la pression familiale jusqu' au choix indépendant et une liaison avantageuse pour les deux partenaires. Les histoires des deux femmes reflètent des tensions parmi les missionnaires sur le sujet d'assimilation, mais elles témoignent également de la complexité d'interactions et d'auto-représentations que les femmes de Libreville ont employées dans leurs négociations avec les discours coloniaux de race et de sexe.

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Additional Information

ISSN
1543-7787
Print ISSN
1539-3402
Pages
pp. 145-169
Launched on MUSE
2003-05-09
Open Access
No
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