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Reviewed by:
  • European universities from the Enlightenment to 1914
  • Jean-Michel Chapoulie
Robert D. Anderson.- European universities from the Enlightenment to 1914, Oxford, Oxford University Press, 2003, VIII-338 pages.

Consacré essentiellement aux universités de l’Europe de l’Ouest et de la Russie, et à leur insertion dans la société au cours du XIXe siècle, l’ouvrage de synthèse de Robert Anderson offre à la fois une introduction aux recherches historiques sur les universités de la période et une réflexion émancipée des évidences auxquelles conduit la considération d’une unique situation nationale. Il s’agit, affirme d’entrée l’auteur, d’une histoire des universités européennes dans la société, c’est-à-dire dans leurs relations avec les pouvoirs d’État et les Églises, mais aussi dans leurs relations avec la structure des emplois exigeant (ou susceptibles d’exiger) une certification décernée par les universités. Plutôt qu’une histoire comparée des universités européennes, même si la dimension comparative est présente, Anderson propose une histoire des variations observables à partir du socle qui découle du passé médiéval commun des universités européennes et des critiques de celui-ci développées au cours du XVIIIe siècle.

Le cadre d’interrogation est directement emprunté aux travaux menés dans les années 1970 sur la période moderne, notamment ceux de Lawrence Stone et ceux de l’enquête du Centre de recherches historiques de l’EHESS 1. Il est centré sur les fonctions sociales des universités, sur les différents types de demande sociale qui s’adressent à celles-ci, saisies notamment au travers des caractéristiques de la clientèle qu’elles attirent. La question de la contribution des universités à la formation des élites — considérées en un sens large qui inclut les professions juridiques et médicales et les personnels des bureaucraties d’État, ainsi que le personnel ecclésiastique et parfois les enseignants — occupe ainsi une place centrale dans l’ouvrage. Est par contre laissée de côté, comme le précise en introduction Anderson, l’histoire intellectuelle des mêmes universités.

Un premier chapitre synthétique, appuyé sur les nombreuses recherches sur les universités de l’époque moderne, présente les principaux principes de variation de la situation des universités à la fin du XVIIIe siècle — les relations entre Etats et autorités religieuses, la diversité de la place occupée par les Jésuites et autres ordres enseignants dans les régions catholiques, l’enracinement dans les réseaux locaux de patronage, la place relative prise par les collèges par rapport aux universités elles-mêmes (qui singularise Oxford et Cambridge, et secondairement Louvain et quelques universités espagnoles et italiennes).

Deux modèles ont servi de références aux organisations mises en place au XIXe siècle : celui de l’université centralisée et sous tutelle exclusive de l’État, qui découle, en France, de la refondation napoléonienne, mais qui a marqué parfois durablement [End Page 183] les universités implantées dans des régions momentanément sous tutelle française; celui de l’université allemande « humboldtienne » dont la première réalisation à Berlin, en 1810, est pour partie une réaction à la défaite prussienne de 1806. Ce second modèle lie étroitement enseignement et recherche, met l’accent sur un ensemble de pratiques qui garantissent les libertés académiques, et promeut un ethos néo-humaniste. Il ne s’agit pas pour Anderson d’une opposition entre deux modèles rigides, mais de modèles de référence qui permettent de saisir les évolutions. La défaite française de 1870 aura d’ailleurs pour contrecoup l’adoption par la France d’éléments empruntés au modèle humboldtien.

L’ouvrage comprend à la fois des chapitres transversaux et d’autres, consacrés aux différentes entités nationales ou autres, qui développent les singularités des contextes politiques et institutionnels de chacun : à l’Allemagne, à la France, aux Iles britanniques...

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Additional Information

ISSN
1961-8646
Print ISSN
0027-2671
Pages
pp. 183-185
Launched on MUSE
2010-12-11
Open Access
No
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