Abstract

La réfléxion des romanciers sur le roman, dans les années 1920, marque un moment important dans la définition de l'art romanesque. C'est vers cette époque en effet que le roman cesse de se présenter à l'esprit de ses praticiens comme un « genre » , pour apparaître plutôt comme un « domaine » de l'art, sinon de la pensée. Alors que la poésie intègre avec éclat le nouveau système des genres, redéfini autour des avant-gardes, le roman, qui au XIXe siècle se présentait comme « la création moderne la plus immense » (Balzac), c'est-à-dire comme le genre intégrateur par excellence, tend de plus en plus, au début du XXe siècle, à définir sa valeur et sa fonction à partir de ses propres références et de ses propres relais. Les romanciers ne pensent plus le roman comme un projet, mais comme un héritage, alors que se dessine la figure du romancier-lecteur, notamment avec Proust (Contre Sainte-Beuve) et Gide (Dostoïevski) qui font du temps long de la lecture une façon de circuler dans leur art. Le roman défini comme domaine ne trouve plus son ouverture dans une contiguïté possible avec d'autres genres (ou d'autres arts) mais dans cette circulation même, qui est aussi une circulation dans sa propre histoire.

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Additional Information

ISSN
1712-5278
Print ISSN
0042-0247
Pages
pp. 1064-1072
Launched on MUSE
2010-11-24
Open Access
No
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