Abstract

Au début des années 1960, des professeurs de l'Université d'Ottawa lancent un vaste chantier visant à dresser un état des lieux de la littérature canadienne-française. Pour le tome des Archives des Lettres canadiennes consacré à la situation du roman et à son « évolution » (1964), Paul Wyczynski et son équipe de rédaction sollicitent l'avis de plusieurs romanciers en vue, de Félix-Antoine Savard à Jacques Godbout, en passant par Gabrielle Roy et Gérard Bessette. Parmi les questions soumises aux répondants, questions qui traitent aussi bien des filiations, des enjeux institutionnels que de la pratique de l'écriture, nous nous intéressons ici à la plus hypothétique de toutes : « Quelle serait d'après vous la définition idéale du roman? » Cet article se propose d'étudier la réponse de Robert Charbonneau, dont l'intérêt tient au fait qu'elle réalise à la fois la synthèse et le bilan d'une pensée riche, affirmée et ambitieuse. À la différence des autres répondants, Charbonneau, l'un des rares — sinon le seul — romanciers québécois d'avant 1960 à avoir consacré à l'art du roman des essais et des études, n'insiste pas sur l'indéfinition native du genre ou sur son caractère protéiforme. Et s'il paraît éluder la question de sa définition idéale, ce n'est que pour imposer avec plus de vigueur et de conviction ce qu'il considère comme son objet fondamental : le personnage.

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Additional Information

ISSN
1712-5278
Print ISSN
0042-0247
Pages
pp. 1013-1022
Launched on MUSE
2010-11-24
Open Access
No
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