Abstract

En s'installant, en 1718, dans la région marécageuse de la vallée inférieure du Mississippi, les colons prirent des risques énormes pour leur santé. Les conditions régnant dans les environs de La Nouvelle-Orléans, préjudiciables à la santé humaine, étaient en forte contradiction avec les avantages stratégiques et économiques que la région offrait. Les colons réussirent à s'adapter rapidement à leur nouvel environnement. En plus de s'habituer à la chaleur, à l'humidité, aux marais et aux moustiques, les habitants modifièrent les terres pour qu'elles soient plus adaptées aux besoins des colons et présentent moins de risques sanitaires. Cherchant à se protéger des épidémies et des maladies, les français combinèrent les connaissances des ingénieurs royaux sur place à des méthodes de contrôle des maladies utilisées en Europe. Ayant reçu une formation solide en France, les ingénieurs prenaient en considération les conditions topographiques particulières de la colonie pour créer des méthodes adaptées aux exigences des colons. Les plus importantes de ces mesures furent la construction de levées et le creusement de fossés pour protéger les terres des inondations qui auraient non seulement endommagé les maisons et les récoltes des habitants, mais aussi généré des miasmes. Les fonctionnaires coloniaux tâchaient de prévenir l'apparition des épidémies en promulguant des ordonnances sanitaires très similaires à celles des villes européennes du Moyen Âge et de l'Ancien Régime. En outre, la santé des colons fut améliorée par l'établissement d'hôpitaux très tôt dans le développement de la colonie. Cependant, malgré l'engagement fort des fonctionnaires royaux, toutes ces mesures n'auraient pas pu réussir sans le soutien des colons et leur acceptation des mesures adoptées.

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