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Souvenirs d'une femme dans le cinéma français: Jackie Raynal en conversation avec Lynn Higgins ... Tout comme il n'y avait pas de femme pompier dans les années '60... —Jackie Raynal PRELIMINARY NOTE: Jackie Raynal's remarks are taken from a conversation with Lynn Higgins recorded in Paris on Saturday, September 8,2001. Jacqueline Raynal (born 1940) has worked in the cinema as actress, editor, distributor, movie-theater owner, and filmmaker . She served as editor for Jean-Daniel Pollet, Claude Chabrol, Eric Rohmer and many others. She edited all the sketches for Paris vu par..., a collective film containing sketches by Pollet, Chabrol, Rohmer, Jean-Luc Godard, Jean Doucnet, and Jean Rouch. Released in 1964, the film was one of the flagships of the New Wave. In 1968, she turned to filmmaking, in association with the Zanzibar group, which attempted to go beyond the New Wave in creating a cinema beyond cinema. For an overview of the Zanzibar group, see Sally Shafto, The Zanzibar Films and the Dandies of May 1968 (New York: Zanzibar USA, 2000). A filmography is appended at the end of the interview. [LH: Raconte comment tu es devenue cinéphile.] JR: Dès l'enfance, le cinéma a changé ma vie. J'étais provinciale d'un milieu intellectuel assez modeste, mes parents étant instituteurs à Montpellier. Πy avait peu de cinémas, on n'y voyait que des films genre Sissi [1955]. La femme de ménage de mes parents avait une aventure avec le projectionniste du cinéma Le Lynx, et au lieu de m'emmener aux Jardin des Plantes (car ma mère voulait que je devienne herboriste ou entomologiste), Maria me plantait au premier rang de ce petit cinéma de quartier afin de me surveiller depuis la cabine de projection alors qu'elle flirtait avec le projectionniste. Je crois avoir vu Violettes impériales toute une semaine aux séances de l'après-midi. Et puis pendant le weekend, mon père nous emmenait au ciné-club de la C.G.T. On aimait bien, parce que c'était une sortie pour les enfants. Et là , je me souviens, j'ai vu des films qu'on disait "militants", comme Les Dernières Vacances [1948] de Roger Leenhardt ou La Marseillaise de Jean Renoir. II n'y avait rien entre les deux genres. Ma mère était féministe, bien sûr, suffragiste. Elle avait beaucoup milité pour que les femmes puissent voter. Elle était d'un milieu rural: son père avait des terres dans le Midi, ils élevaient des taureaux qui allaient en Espagne pour la corrida. Elle était fille aînée d'une famille de dix enfants. Lorsque sa mère est morte, elle a dû élever tous ses frères et sœurs. Elle a quand même réussi le concours de l'école normale supérieure par correspondance, en y étant reçue deuxième. Son père lui donnait cinq francs par semaine, afin qu'elle achète ses bouquins. Vol. XLII, No. 1 9 L'Esprit Créateur Jackie Raynal (with permission) IO Spring 2002 Raynal Ma mère est donc devenue institutrice. Elle est tombée enceinte, mais elle ne voulait surtout pas se marier, parce que pour elle—tout comme le disait George Sand—c'était l'amour libre! (Elle est née en 1899.) Alors qu'elle était enceinte, l'inspecteur de l'école normale est venu la voir et il lui a dit: Si vous ne vous mariez pas, on vous envoie chez les nègres. [C'est-à -dire... ?] C'est- à -dire que si elle était femme [célibataire] enceinte en 1934, elle aurait été virée de son poste en France et envoyée dans une école en Afrique. Et elle a dit: Ah non, je n'ai pas envie d'aller là -bas, alors elle a épousé mon père. Lui était aussi instituteur à l'époque, et puis il est devenu prof de maths, et elle est devenue directrice d'école. Et donc elle militait beaucoup, et mon père, qui était communiste, lui dit: "Ecoute, tu ne te rends pas compte, ton p...

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Additional Information

ISSN
1931-0234
Print ISSN
0014-0767
Pages
pp. 9-27
Launched on MUSE
2010-06-24
Open Access
No
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