Abstract

Le présent article traite du préjudice subi par les immigrants chinois de 1885 à 1947, dans le contexte historique des lois sur l'immigration au Canada. Durant cette période, le gouvernement canadien a limité l'immigration chinoise par le truchement d'une capitation imposée à tous les Chinois entrant au Canada et, par la suite, par l'exclusion totale de l'immigration chinoise. La capitation prohibitive a empêché la majorité des Chinoises d'immigrer au Canada et a provoqué la séparation forcée des Chinoises de leurs conjoints au Canada, dans cette période caractérisée par des privations extrêmes attribuables à la guerre civile en Chine et à la famine qui s'ensuivit. Les personnes qui ont payé la capitation ont, plus tard, contesté les dispositions d'exclusion des lois sur l'immigration dans un recours collectif qui comptait très peu de femmes—une absence remarquée qui illustre la façon dont la loi incarne certaines expériences particulières plutôt que d'autres. Puisque la loi a été conçue pour répondre aux besoins de personnes qui semblent autonomes, la séparation n'était pas perçue comme un préjudice—un fait rendu plus acceptable dans le cas des Chinoises parce que la séparation était imposée à d' « Autres orientalisées ». Les détournements de sens historiques qui ont été construits afin de déshumaniser et de « dé-juridiciser » les Chinoises ont justifié le préjudice perpétré tout en le rendant invisible. Cet article examine les torts subis par les Chinoises à l'époque de l'exclusion et analyse les théories féministes du droit ainsi que les possibilités narratives de contestations judiciaires visant à réparer les torts et à explorer les possibilités de transformation grâce aux solutions juridiques.

This article examines the issue of harm within the historical context of Canadian immigration legislation that was directed towards Chinese migrants from 1885 to 1947. During this period, the Canadian government restricted Chinese immigration in the form of a head tax imposed upon all Chinese entering Canada and subsequently through the outright exclusion of Chinese immigration. The prohibitive head tax barred the majority of Chinese women from immigrating to Canada and resulted in the forced separation of Chinese women from their partners in Canada, a period characterized by extreme hardship arising from the civil war and accompanying famine in China. Those who paid the head tax ultimately challenged the exclusionary immigration legislation in a class action in which women were noticeably absent—an absence that exemplified the way in which law embodies particular experiences over others. Since law has been constructed to accommodate the needs of seemingly autonomous individuals, separation was not seen as harm—a fact that was made more acceptable in the case of Chinese women because separation was imposed upon Orientalized Others. The historical tropes that were constructed to dehumanize and "de-legalize" Chinese women justified and rendered invisible any harms perpetrated. This article considers the injuries suffered by Chinese women of the exclusion era and canvasses feminist legal theory and the narrative possibilities of reparative litigation to explore the transformative possibilities in legal redress.

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Additional Information

ISSN
1911-0235
Print ISSN
0832-8781
Pages
pp. 387-437
Launched on MUSE
2008-01-16
Open Access
No
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