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Reviewed by:
  • Ange Goudar, un aventurier des Lumières
  • Jacqueline Chammas (bio)
Jean-Claude Hauc. Ange Goudar, un aventurier des Lumières. Paris: Éditions Honoré Champion, 2004. 204pp. €40. ISBN 2-7453-1030-5.

L'ouvrage de Jean-Claude Hauc, Ange Goudar: Un aventurier des Lumières, recèle des trésors d'informations sur le siècle. En effet, la vie et l'œuvre de Goudar jettent un éclairage particulier sur les régimes politiques français qui se sont succédé—depuis la Régence jusqu'à la Révolution—ainsi que sur leurs relations avec les autres nations européennes. Libertin impudent, espion sans scrupules, Ange Goudar s'est mêlé de littérature, mais aussi de politique, d'économie, de morale et de société, avec un regard critique qu'il a promené sur toute l'Europe qu'il a sillonnée. Il parcourt la France du nord au sud, mais on le retrouve aussi au Portugal, en Angleterre, en Autriche, en Italie, en Suisse, et partout, écrit Hauc, « il enregistre aussi bien les progrès de la raison que les innombrables réactions du despotisme ou du fanatisme » (11). [End Page 236]

Un ordre chronologique structure l'ouvrage en six chapitres qui suivent les principales étapes de la vie de Goudar: au premier, la jeunesse de celui que Hauc surnomme tout au long de son livre « le Montpelliérain »—Montpellier(1708–1733); au second, ses premières pérégrinations: Paris, l'Italie, le Portugal—L'aventurier français(1734–1753); au troisième, on découvre un « fripon » (77) éclectique, politologue et économiste—L'Écrivain polygraphe(1754–1761); le quatrième chapitre détaille son séjour en Angleterre et sa rencontre avec Casanova, rencontre qui assurera la survivance de Goudar dans les Mémoires de l'Italien—L'Angleterre(1761–1764); le cinquième l'emporte à Venise puis à Naples avec la femme de sa vie rencontrée à Londres, la belle Sara—L'Italie avec Sara(1765–1776); le sixième relate les derniers déplacements de l'infatigable voyageur—La fin de l'aventure (1777–91).

La bibliographie permet notamment de découvrir une sélection d'œuvres choisies d'Ange Goudar, que l'auteur estime dignes d'attention (193–97). Elle est suivie d'un index qui favorise la lecture de cet ouvrage dense en personnages notoires côtoyés par Goudar (199–204). Quelques gravures d'ailleurs animent l'ouvrage, et illustrent le « Montpelliérain » et ceux qui ont joué un rôle plus ou moins important dans sa vie (portraits de Casanova, de Lord Pembroke, du chevalier d'Eon, de Sara Goudar, etc.).

Écrivain assez méconnu jusque-là, Ange Goudar renaît sous la plume de Jean-Claude Hauc. Mais au-delà de l'intérêt qu'on pourrait porter au personnage lui-même, l'ouvrage développe avec minutie mille et une péripéties mêlant magouilles politiques et mœurs dissolues tout au long d'un XVIIIe siècle plus européen que français. L'amateur de littérature cependant, voit son plaisir de la lecture soumis de temps à autre à dure épreuve par force détails dans les faits contés, détails qui vont jusqu'à le confondre, voire le noyer. Les documents d'archives inédits et les précisions historiques offrent en revanche au chercheur dix-huitiémiste moult explications, et apportent des éclaircissements à des questions qui étaient jusqu'alors posées.

Jacqueline Chammas
Université de Montréal
Jacqueline Chammas

Jacqueline Chammas est chargée de cours à l’Université de Montréal. Son domaine de recherches couvre les relations incestueuses dans la prose des Lumières, et leurs rapports avec la loi, la société et la famille.

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Additional Information

ISSN
1911-0243
Print ISSN
0840-6286
Pages
pp. 236-237
Launched on MUSE
2006-11-21
Open Access
No
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