Abstract

L'auteure soulève deux problèmes : (1) les condamnations erronées qui font suite, dans les cas de décès infantile, et plus particulièrement dans des cas où la mère de l'enfant se trouve au banc des accusés, aux témoignages de pathologistes juridiques, et (2) la représentation profondément trompeuse des preuves scientifiques qui serait véhiculée, selon certains observateurs, par ces mêmes experts. Ces problèmes s'expliquent en partie par la mauvaise compréhension qu'ont le législateur, les juges et les jurés de l'attitude des pathologistes juridiques et surtout des coroners envers leurs obligations professionnelles. En effet, selon la loi, le témoignage d'un pathologiste ou d'un coroner présente, de façon désintéressée, des faits scientifiques, et ce, dans le seul but de soutenir la démarche d'établissement de la vérité qui est au coeur du procès. La grande fiabilité de ce témoignage sert donc de fondement à l'exercice de pouvoirs étatiques très répressifs. Cependant, pour les témoins eux-mêmes, leur tâche s'inscrit dans le cadre d'un mandat de santé publique plus vaste et de longue date qui consiste à « parler au nom des morts afin de protéger les vivants ». Or, ce conflit entre cadres discursifs a compromis le caractère adversatif des procès non seulement de façon ponctuelle, mais également au cours des campagnes de longue durée de lutte contre la violence faite aux enfants et au cours de la carrière de nombreux pathologistes juridiques.

The problems of forensic pathologists' court testimony leading to wrongful convictions in cases of infant death, especially where mothers are charged with the offence, and of this testimony possibly involving gross distortion of scientific findings arise, in part, through a systematic misunderstanding by the law, and by judges and jurors, of forensic pathologists', and especially coroners', attitude toward their professional obligations. The law takes forensic pathological and coronial testimony to be "disinterested" scientific fact advanced purely for its inherent value in assisting the truth-seeking element of the trial process, and thus highly reliable as the basis of the exercise of the most coercive powers of government. Those delivering the testimony understand their task as part of a broader, long-standing public health and safety mandate to "speak for the dead to protect the living." This clash of discursive frameworks has undermined the adversarial element of these trials, not just on a contingent case-by-case basis but over the courses of extended campaigns against child abuse and of professional forensic pathological careers.

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Additional Information

ISSN
1911-0219
Print ISSN
1707-7753
Pages
pp. 803-821
Launched on MUSE
2006-10-04
Open Access
No
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