Abstract

Major James Skitt Matthews's 'The "Jungles" of 1931' is likely the first history of Canadian life during the Great Depression. His short essay, published in Early Vancouver: Narratives of Pioneers in 1932, took up a subject familiar to all who lived through these years of crisis – transient homeless men, who in this case lived in makeshift settlement on Vancouver's waterfront. For Matthews, this hobo jungle stood as a powerful sign of the beneficent impulses of local elites and the loyalty of the lower orders, and thus paralleled the civilizing projects of the West Coast's empire builders in the 1880s. Yet archival evidence suggests a different story. A sizeable minority of tramps departed from the major's script and organized the provision of food and shelter according to their own set of mutualist principles. Many transients refused to work for less than a living wage, some mocked those who provided them with aid, and some even stole a warehouse. This activity should be understood as evidence of a contradictory yet critical consciousness at odds with the values of Matthews's first history of the Great Depression. It also suggests that a reappraisal of historical writing on transients during the 1930s is in order.

The Jungles, écrit en 1931 par le major James Skitt Matthews, constitue probablement la première histoire de la vie au Canada pendant la grande dépression. Cette courte étude, publiée en 1932 dans l'ouvrage Early Vancouver : Narratives of Pioneers, abordait un sujet familier pour tous ceux qui avaient vécu ces années de crise, à savoir les sans-abri et les vagabonds qui, dans ce cas précis, s'étaient établis de façon improvisée dans le port de Vancouver. Pour Matthews, cette jungle de sans-abri constituait clairement un signe du soutien bienfaisant des élites locales ainsi que de la loyauté des classes populaires. Il dressait ainsi un parallèle avec les projets civilisateurs de ceux qui avaient construit l'empire de la côte pacifique dans les années 1880. Cependant, les preuves tirées des archives racontent une toute autre histoire. Une minorité appréciable des vagabonds n'a pas agi comme dans le récit du major; ils ont plutôt organisé la distribution de nourriture et des abris selon leurs propres principes de réciprocité. De nombreux sans-abri refusaient de travailler pour un montant inférieur au salaire de subsistance, certains se moquaient de ceux qui leur fournissaient de l'aide et certains ont même dévalisé un entrepôt. Ces activités doivent être vues comme des preuves d'une conscience contradictoire mais critique par rapport aux valeurs exprimées dans la première histoire de la grande dépression rédigée par Matthews. Cela démontre également la nécessité d'une réévaluation des récits historiques sur les sans-abri dans les années 30.

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Additional Information

ISSN
1710-1093
Print ISSN
0008-3755
Pages
pp. 79-107
Launched on MUSE
2006-03-23
Open Access
No
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