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  • Partie II: Mémoire et fragmentation. L'évolution de la problématique identitaire en Ontario français
  • Jean-Pierre Wallot

Depuis sa fondation, en 1958, le Centre de recherche en civilisation canadienne-française (CRCCF) a organisé une multitude de colloques portant sur une vaste palette de thèmes et de domaines touchant à la culture et à la société canadiennes-françaises, depuis la littérature et l'université jusqu'à l'économie, la démographie et la gouvernance linguistique. Après un colloque sur le Rapport Pepin-Robarts en 2001, un autre sur la gouvernance linguistique au Canada en 2002 et un dernier sur les itinéraires de la poésie en 2003, il nous a semblé que le contexte se prêtait bien à un thème ontarien: «Mémoire et fragmentation. L'évolution de la problématique identitaire en Ontario français».

L'Ontario français, à l'instar de toute communauté culturelle minoritaire, est soumis à des forces socioculturelles, politiques et économiques qui influent sur sa cohésion identitaire. Ces forces ont accru leurs pressions au cours des dernières décennies, notamment à la faveur de la montée de la «québécitude», de la dépendance de la minorité franco-ontarienne à l'égard des institutions fédérales et provinciales, de jugements des tribunaux accordant à cette minorité un meilleur contrôle sur ses institutions scolaires et hospitalières, lors même que son poids démographique décline, sans compter l'émergence d'une francophonie canadienne plurielle et de la francophonie internationale comme autres pôles d'attraction. Elles ont aussi favorisé l'émergence de discours identitaires parallèles, voire concurrents, dont il s'avère parfois difficile d'opérer la synthèse. Le paradigme de la rupture identitaire ou de la fin de l'unité normative de l'ancien Canada français - dans la mesure où elle a existé - qui a contribué à l'éclatement du Canada français en diverses identités provinciales ou régionales au cours des années 1960 et 1970, se manifeste de plus en plus de nos jours à l'intérieur même de la communauté franco-ontarienne (ou devrions-nous dire, des communautés franco-ontariennes). Le foisonnement des acteurs dans le milieu associatif, par exemple, manifeste un gage de grande vitalité. En même temps, il témoigne peut-être aussi des difficultés qu'éprouvent les Franco-Ontariens à discerner une direction commune, un sens commun, à leurs activités et à leurs revendications. [End Page 107]

Cette conjoncture contraste singulièrement avec l'homogénéité relative qui caractérisait autrefois la définition de l'identité franco-ontarienne et canadienne-française. Que reste-t-il, aujourd'hui, des anciennes certitudes des Franco-Ontariens sur le plan socioculturel et identitaire? Que signifie l'identité franco-ontarienne pour ceux et celles qui s'en réclament? Comment est-elle comprise et vue par eux-mêmes, certes, mais aussi par les autres? Quelle place cherchent-ils à occuper au sein du Canada «francophone» et de la francophonie mondiale? Quelles sont les nouvelles priorités qu'ils se donnent pour conforter leur développement communautaire? Voilà quelques-unes des nombreuses questions qui ont été abordées dans le cadre de ce colloque qui a réuni des intervenants œuvrant dans plusieurs secteurs d'activité, notamment les arts, les lettres, les milieux communautaires, l'éducation, le fonctionnariat et la politique.

Les textes qui suivent constituent un échantillon des communications qui ont été présentées, sauf pour le premier qui synthétise les grands thèmes abordés lors des présentations et des discussions.

Jean-Pierre Wallot
Université d'Ottawa
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Additional Information

ISSN
1710-1158
Print ISSN
1183-2487
Pages
pp. 107-108
Launched on MUSE
2005-03-07
Open Access
No
Archive Status
Archived 2005
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