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Francophonies d'Amerique 18.1 (2004) 171-179



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La problématique identitaire et l'école de langue française en Ontario

Université de Toronto

Lorsqu'on examine les pratiques sociales dans la francophonie ontarienne, on constate une succession de changements importants qui surviennent tout au cours du XXe siècle. On est en effet passé d'une communauté francophone homogène sur le plan de la langue et de la culture françaises à une communauté francophone éclatée, dont les pratiques langagières et culturelles sont de plus en plus diversifiées et dans un état de mouvance perpétuelle.

Le phénomène de l'urbanisation a obligé plus d'un francophone en Ontario à quitter sa petite communauté rurale pour aller travailler et vivre dans un milieu fortement teinté de l'influence de la majorité anglophone (Welch, 1991). Conséquemment, les frontières linguistiques ont débordé davantage dans la sphère publique, soit sur le marché du travail et dans le secteur des services. La sphère privée, le milieu familial en particulier, a également subi des transformations importantes puisque de plus en plus de francophones se sont engagés dans des pratiques sociales et linguistiques où le contact avec la majorité anglophone est devenu plus fréquent dans leur vie privée. Par exemple, un nombre croissant de francophones de l'Ontario se retrouvent en situation de mariage exogame, où l'un des conjoints est unilingue anglophone, où la langue d'usage à la maison devient souvent l'anglais. Plusieurs études statistiques ont d'ailleurs tenté de montrer une relation directe entre le phénomène des mariages exogames et le taux élevé d'assimilation à la majorité anglophone chez les francophones de l'Ontario. (Bernard, 1998; Castonguay, 1999, 2001). Cependant, un autre discours qui a cours depuis quelques années sur la bilinguisation des francophones qui vivent en contexte minoritaire se veut moins alarmiste (Gérin-Lajoie, 2003; Heller, 1999; Laflamme, 2001; Langlois, 2000). Par exemple, une étude ethnographique que j'ai menée récemment auprès d'un groupe de jeunes francophones qui fréquentent l'école secondaire de langue française en Ontario a montré que même si ces jeunes se réclament d=une identité bilingue, cela ne signifie pas qu'ils rejettent la langue et la culture françaises pour autant. En effet, pour certains d'entre eux, le sens d'appartenance à la francophonie demeure très fort (Gérin-Lajoie, 2003).

Une hétérogénéité grandissante au sein de la francophonie de l'Ontario découle également du fait que la province reçoit un nombre grandissant d'immigrants et d'immigrantes qui viennent joindre les rangs de la communauté francophone. Ces nouveaux membres contribuent ainsi à la vitalité de la communauté de langue française, surtout dans les régions de Toronto et d'Ottawa. En effet, comme le phénomène de l'immigration est d'abord un phénomène urbain, il ne faut pas se surprendre de retrouver les nouveaux arrivants et arrivantes notamment dans ces deux agglomérations urbaines ontariennes. Dans le Recensement canadien de 1996, 28825 individus ont dit appartenir à une minorité raciale. Ces individus constituent 22,5p.100 de la population francophone de Toronto, alors que 8,9p.100 des francophones de la région [End Page 171] d'Ottawa appartiennent à une minorité raciale (Office des affaires francophones, 1999).

Le tissu social a donc changé de façon significative au fil des ans, ce qui nous place en présence non plus d'une communauté unique, mais plutôt de multiples communautés d'appartenance. Dans cette nouvelle conjoncture, les francophones de l'Ontario sont donc appelés à se redéfinir, tant au sein de la francophonie canadienne qu'au sein de la francophonie mondiale. Dans ce contexte, que devient le rôle de l'école de langue française dans un milieu tel que...

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Additional Information

ISSN
1710-1158
Print ISSN
1183-2487
Pages
pp. 171-179
Launched on MUSE
2005-03-07
Open Access
No
Archive Status
Archived 2005
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